La dégustation du Sistrot du 27 mars 2018.

À deux pas de la Cathédrale Saint Corentin, qui parfois s’illumine de joyeuses couleurs, les dégustation du Sistrot, réunissent à intervalles irréguliers un groupe de producteurs Cornouaillais. Ces réunions sont devenues au fil du temps une parution suivie par de nombreux amateurs de bons cidres, des “#ciderlovers” selon l’expression du moment. La maison des quais de l’Odet voit donc passer des critiques cidricoles, comme Susanna Forbes venu du Herefordshire découvrir la collection rassemblée par Ronan Gire. Depuis quelques temps également, des producteurs, nouveaux ou bien établis, s’arrêtent déposer des bouteilles pour nos dégustations. Heureusement qu’il faut “venir à Quimper”, et que l’on ne s’y arrête pas au passage, sinon nous serions submergés. Nous avons donc pas mal de bouteilles d’ici et d’ailleurs en réserve. Pour cette soirée Ronan avait concocté une sélection de cidres bretons, normands et percherons généralement peu connus.

Cidre Le Maître – Demi-sec (22).
Nous avons commencé la soirée par un cidre demi-sec de chez Daniel Le Maitre. La cidrerie est installée depuis plus de vingt ans au Croasty, entre Maël-Carhaix et Glomel. L’établissement perpétue l’ancienne tradition des cidres du Kreiz-Breizh (Centre-Bretagne) et dispose d’un beau verger, planté à la fin des années 80, abritant des variétés traditionnelles (Dous-rous-bihan, Penn-ognon, Greniere, etc.).
Au service il est orange, un peu voilé et laisse une petite couronne de mousse. Le nez propose de l’agrume sur de la pomme mure, avec quelques notes fermentaires. La bouche est un équilibre de sucre et d’amertume, sans toutefois beaucoup d’amplitude ni trop d’arômes. La finale est relativement brève, mais c’est un cidre sans défaut, un bon standard qui trouve sa place au bar comme sur la table

Cidre Saint Laurent (29).
C’est une création récente, à Saint Thois, en haute Cornouaille, où Stéphane Rospars, producteur amateur de longue date, a décidé de franchir le pas. Il a donc “fait le Robillard” à Caen (unique école spécialisée) et démarre son activité de transformation avec une première cuvée mis en vente cette année. Si un nouveau verger a été planté, il faudra attendre quelques années avant de savoir ce que donneront ses fruits. Pour l’heure l’approvisionnement se fait avec des variétés traditionnelles locales dans les petits vergers environnants.
Bel effet de mousse au moment du service, bel orangé légèrement voilé, peu d’activité dans le verre. Le nez est un petit peu évolué sur un beau fond de pomme. En bouche, il est un peu gras, et à peine astringent, un peu fumé avec une finale moyenne. C’est assez typique des cidres de la vallée de l’Aulne aux pommiers élevés sur schiste.

Domaine du Ruisseau (61).
Engagés depuis plusieurs années dans une démarche qualité, les cidres du Perche travaillent a faire reconnaître leur spécificité. Le Domaine du Ruisseau, tenu par Jean François Leroux, fait partie des artisans de ce renouveau, avec l’appui du Parc Naturel Régional du Perche. Nous n’avons pas la liste des pommes utilisée, mais les cidres du Perche sont souvent des assemblages réunissant des Bedan, Locart vert, Locart-jaune ou Tardive-de-la-Sarthe.
À l’œil, l’effet de mousse est un peu bref, la couleur ambrée et il y a peu de mouvement dans le verre. Le nez est peu expressif, si ce n’est un coté fermentaire appuyé, en première intention car la pomme se fait plus présente au bout de quelques minutes. En bouche, il est équilibré, frais avec un peu de lourdeur. C’est un bon cidre, nos dégustateur ont juste regretté de ne pas y trouver un caractère plus affirmé qui construirait un souvenir plus durable.

Chantiers d’Automne à Concoret (56).
Concoret est un village connu pour son Centre de l’Imaginaire Arthurien. Les Chantiers d’Automne sont une opération initiée en 2002 par le Réseau des Conservatoires d’Espaces Naturels, qui propose à l’attention des bénévoles, entreprises ou associations d’insertion, des actions de gestion de la nature et des territoires. Il existe donc une Association Chantiers d’Automne à Concoret qui s’attache à valoriser les paysages de vergers haute-tige et les variétés traditionnelles de pommes, avec les quelles ils produisent du jus de pomme et du du cidre, dont nous avons pu tester une bouteille.
Le “Temps Presse” est un cidre 2015 à la bouteille capsulée et l’étiquette amusante, mais assez avare en information. Au service l’effervescence est standard avec une couleur orange sombre et peu de mouvement dans le verre. Le nez est complexe avec de la pomme, du bois et une note anisée. La bouche est assez âpre, un peu astringente avec un goût affirmé de pommes amères qui persiste un bon moment. C’est un cidre assez rude où l’amertume prend le dessus et qui gagnerait à plus de fruité.

Cidre du Pays de Caux (76).
Vincent et Marie Claire Godefroid prosuisent du cidre à l’Écomusée de la Pomme et du Cidre de Bretteville-du-Grand-Caux, un domaine tenu par une même famille depuis quatre générations et qui s’attache a préserver les traditions paysannes locales dont des variétés de pomme à cidre telles que l’Antoinette, la Saint-Nicolas, la Bedan des parts, la Brannetot ou la Rossignol. Nous avons pu tester un cidre brut de la récolte 2015.
Au service, l’effet de mousse est impeccable, la couleur jaune orangée attirante, tandis que le verre est peu animé. Le nez avoue l’âge de la bouteille, mais se stabilise au bout de quelques instant pour pour offrir un peu de vieillissement sur du fruit mûr, sans doute plus présent sur des cuvées plus jeunes. La bouche, un peu dépouillée, est acidulée, sans excès, avec du fruit et une petite astringence en fin de bouche. Les dégustateurs ont regretté ne pas disposer d’une bouteille plus jeune qui aurait pu apporter une meilleure homogénéité, mais ont unanimes a saluer ce produit.

Notre soirée s’est poursuivie avec des cidres de la carte du Sistrot qui évolue au gré des trouvailles de Ronan Gire et s’internationalise à petite dose. Notre équipe réunissait Valérie du Cidref, Brieug et Marine de Kermao, Claude de Menez-Brug, Paul des Cidres Coic, Gwenael des cidres Le Brun, accompagné de Mathilde. Merci à eux et merci à Ronan et Erwan Gire du Sistrot pour leur accueil.

Toutes nos excuses aux cidres Le Maître et Saint Laurent dont les photos de bouteilles ont été perdues, mais pas le souvenir de la dégustation de leur cidre.

02. avril 2018 par mark
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La dégustation du Sistrot du 16 janvier 2018


La cité de Grallon suintait l’humidité en ce mardi 16 janvier 2018 et le halo des réverbères fantomatisait les quais. Pour autant l’autochtone y déambulait à sa guise sans guère se soucier du temps ni des noms étonnants que donnent de nos jours les météorologues aux tempêtes. Au Sistrot, il faisait bon, mais nos hôtes se plaignaient que quelques “karchers” célestes aient sérieusement mis à mal l’étanchéité de leur toit. Dommage collatéral de cet incident, nous n’avons pas pu utiliser l’habituelle salle “intra-muros” (elle est effectivement à l’intérieur de l’enceinte du Quimper fortifié). Que l’on se rassure cependant les travaux allaient bon train et tout devrait être rentré dans l’ordre à l’heure ou paraissent ces lignes.
Notre premier “tañvadenn sistr” (dégustation de cidre) de l’année a démarré lentement car comme c’est l’usage, les uns sont arrivés en avance et les autres à leur convenance, mais il a suffit de déboucher la première bouteille pour que miraculeusement la table soit au complet (comme quoi il est important que la sonorité du débouchage soit de qualité).

Cidre des Vergers d’Ysabeau (35)

Nous avons donc commencé par un cidre bio sans sulfite des Vergers d’Ysabeau, soit de la maison Mazery-Brugalle sise à La Noé Blanche au sud du bassin Rennais. Il s’agit d’une production relativement récente d’Isabelle Mazery passée par l’industrie cidricole avant d’acquérir il y quelques années dix hectares vergers près de Messac. C’est un cidre demi-sec (5,5% vol) orangé, légèrement voilé et assez vivant dans le verre. Le nez plutôt mesuré apporte des arômes ronds et matures d’où percent des notes acidulées. L’attaque est souple, acidulée, le palais est ample avec un peu d’astringence en finale. C’est très bien fait, cela manque peut-être un petit peu de caractère ou d’audace, mais on peut dire que l’on a du métier au vergers d’Ysabeau.

Cask obligatoire de la cidrerie Lemasson (50)

Place ensuite à la cuvée spéciale de l’année de Damien Lemasson (Cametours – 50). Comme chaque année un nom différent (cette année le “Cask obligatoire” remplace le “Au pied du mur” de l’an passé) pour une cuvée vieillie en fut de Calvados. C’est un cidre Bio qui annonce 7,5% vol. Nous avons trouvé le bouchon un peu juste pour une cuvée spéciale. À l’ouverture il y a de la pression, sans plus, et de fait ce cidre se révèle plus perlant qu’effervescent. Dans le verre c’est clair, presque brillant avec quelques minuscules “pompouch”, mais la dépression qui passait sur nos têtes ce soir là explique peut-être cela. Le nez est engageant, minéral avec une pointe d’alcool et un peu de fruit. En bouche, après une attaque un peu alcooleuse, vient de la souplesse et de la douceur (ce n’est pas aussi fondu qu’attendu). La finale est assez courte avec une phase astringente rapidement masquée par des saveurs de bonbons. Au final cela fait plus pommeau léger que cidre et la cuvée gagnerait sans doute à vieillir plus longtemps.

Poiré 2009 de la cidrerie du Vulcain (CH)

Nous sommes alors passé au poiré (5% vol) de Jacque Perritaz (Cidrerie Vulcain au Mouret en Suisse) que nous avions déjà testé, mais dont la bouteille présentait une floculation importante des tanins (ça arrive quelquefois). La bouteille est bien présentée avec un beau bouchon. Au service il y a juste la pression qu’il faut, un bel effet de mousse et la robe est claire et presque brillante. Au nez on sent immédiatement un coté réduit genre tarte tatin avec une pointe d’amande, cette bouteille a de l’âge. En bouche il y a un bel équilibre de fruits acidulés, c’est assez sec avec une finale un peu courte, une belle acidité et le fuit qui revient en deuxième intention. C’est un beau produit qui gagne à la lenteur et s’ouvre joliment au bout de quelques minutes.

Cidre triple de la cidrerie Dupont (14)

Ronan Gire avait prévu une soirée spéciale pour ce début d’année et après le “CasK Obligatoire”, au tour du “Cidre Triple” de la Maison Dupont (Victot-Pontfol – 14). La présentation est ici impeccable et annonce 11% vol pour ce cidre de 2015. Le service ne souffre d’aucune critique, la couleur vieux cognac étonne pour un cidre. La nez est évolué, un peu oxydé avec des notes de caramel et un peu de fruit. L’attaque est souple, puis vient une amertume sèche et alcooleuse qui semble être la marque de ce produit. La finale est un peu astringente et métallique quoique assez longue.
Le propre du cidre est cependant de proposer des arômes et des saveurs sans beaucoup d’alcool, mais l’expérience est interessante pour qui aime les boissons fortes.

Sidra natural Zabala (Gipuskoa)

Nous avions en réserve un cidre Basque (R.Zabala d’Aduna en Gipuzkoa) arrivé d’on ne sait où et nous avons donc pris la direction du sud. C’est un “Sidra Natural” classique, pâle et un peu trouble (la tempête n’arrangeait rien) servi avec le bouchon réglementaire dans des verres proche de ceux utilisés en Gipuzkoa. Nez de pommes rapidement fermentées, des notes citronnées et une petite odeur de liège. En bouche c’est sec et acidulé, légèrement perlant, rafraîchissant avec une finale assez courte. Un Sidra Natural bien dans la typicité (au moins pour ce que l’on en connait).

Cidre 2016 de E.Meier & M.Zimmermeier (CH)

Avant de passer à table, il nous restait a tester un Apfelperlwein (Apfelsecco) venu de Zeihen dans le Canton suisse d’Argovie. Cidre demi-sec, 5% vol. Belle présentaiton, jolie mousse au service, robe pâle et brillante, verre peu actif. Le nez est minéral (sans doute gazéifié), un peu lacté et rond. C’est pas mal du tout. En bouche, comme on pouvait s’y attendre, c’est sucré acidulé avec un peu d’astringence. C’est assez agréable, on sent des fruits comme la Reinette qui est couramment utilisée dans ces régions.

Debrit ervat ! (bon appétit)
La soirée s’est évidemment poursuivie avec les plats et les cidres de la Carte du Sistrot, qui réserve à chaque fois de belles surprises de saveurs et surtout d’accords plat cidre. Merci à Erwan et Ronan Gire du Sistrot, merci à Claude et Lenaig de la cidrerie de Menez-brug, à Jen de la cidrerie de Rozavern, à Marine et Brieug de la Cidrerie de Kermao. Ce fut une très bonne façon de lancer la nouvelle année.

Macgleo le 22012018

22. janvier 2018 par mark
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2017 – Retour sur une année Cidricole

L’année 2017 a été riche de rencontres qui nous ont appris autant qu’elle nous ont laissé d’interrogations. Si janvier nous avait rassuré sur la qualité des cidres de la récolte 2016, février, avec le concours du CGA(1), n’apporta qu’une modeste moisson de médailles. En avril par contre les cidres cornouaillais ont brillé au concours GLINTCAP(2) avec du Bronze pour l’AOP Menez-Brug, de l’Argent pour Le Brun et surtout de l’Or pour l’AOP Kermao couronné d’un “Award Best in Class” dès sa première participation. Cette reconnaissance internationale peut enfin marquer un nouvel essor pour le seul Cidre en Appellation Origine Protégée de Bretagne.

Les dégustations du Sistrot.

Dès le mois de Janvier, autour de Ronan Gire, le “cidrexpert” du Sistrot, nous avons initié un cercle de dégustations(3) avec pour objectif de tester des produits glanés ici où là par chaque membre du Groupe. Dès les premières séances, nous avons compris que nos cidres sont une rareté dans le paysage cidricole mondial. Ils sont élaborés avec un assemblage restreint de variétés de pommes à cidre dont ils utilisent le jus frais en suivant un processus d’élaboration traditionnel de la clarification, la fermentation et la prise de mousse en bouteille. Plus rare encore, ils sont franchement amertumés et le revendiquent.

Cela ne nous a pas empêché d’apprécier des produits du vaste monde, généralement acidulés, dont certains utilisent des fruits (ou des jus concentrés de fruits) dont nous n’imaginions pas que l’on puisse en faire du cidre, alors que d’autres se rapprochent de nos standards. Ces réunions nous ont confirmé que la planète cidre existe, qu’elle est en pleine effervescence et qu’elle est faite d’une multitude de couleurs, d’arômes et de saveurs, à tel point qu’il devient difficile de s’y retrouver.

Le bel été cidricole.

Le mois de juin est désormais le rendez-vous annuel des cidres bretons. La Cornouaille avait l’honneur de recevoir le troisième CRMCB(4) en 2017. Les cidriers Bretons n’y sont pas tous représentés, les uns  pour raisons de disponibilité et les autres de différents avec les organisations cidricoles. A noter que si les Cornouaillais se déplacent volontiers quand le concours se tient à Nantes ou à Dinan, les jurés de Bretagne orientale ont snobé Quimper. Du coup la Cornouaille a largement dominé le palmarès(5), mais le plus important est que ce fut une belle journée et que les médias francophones et bretonnants aient bien relayé l’événement.

L’été sur la côte c’est évidemment l’affluence et une période de travail intense pour les cidriers qui réalisent le gros de leurs ventes en quelques semaines. Ils réservent cependant le troisième week-de juillet pour le concours de cidre de Fouesnant (la 106ème édition en 2017). Ce concours a la particularité de réserver toute leur place aux producteurs amateurs, qui sont nombreux. Ces passionnés produisent parfois de vrais chef-d’œuvres et il est bien que Fouesnant leur réserve un accueil identique à celui réservé aux professionnels(6). À coté du concours, la journée présente un cidre du monde, cette année c’était l’Italie où la tradition reprend de la vigueur, et propose une conférences, cette année un état des lieux du Verger Conservatoire de Penfoulig.

Juillet c’est également le Festival de Cornouaille, vénérable institution crée en 1923 qui oscille entre tradition et modernité. L’AOP Cornouaille y est présent chaque année avec cette fois un espace de dégustation au cœur du “Cornouaille Gourmand”, le village des meilleures gourmandises locales.

Macgleo avec Elisabeth, James Forbes (Little Pomona Cidery), Tom Oliver, Claude Jolicœur et Banou. Photo Susanna Forbes.

Vers la fin août, Claude Jolicœur revenait d’une expédition dans les forêts primaires de pommiers du Kazakhstan, et nous nous sommes retrouvés à Londres pour une virée dans les vergers du Herefordshire(7). Au delà de l’excellent accueil des cidriers Anglais et Gallois, se dessine un bouleversement de la grande tradition du cidre au Royaume-Uni avec l’arrivée de nouveaux opérateurs industriels, la résistance farouche des hommes du cru (et Dieu sait qu’il savent résister), la pression des nouveaux cidres du monde et la lente érosion de la fréquentation des Pubs.

Rencontres d’automne.

Septembre c’est vendémiaire, le temps des vendanges et parfois le début des récoltes de pommes, mais en 2017, ce fut le mois de la célébration de la XXème Cuvée de l’AOP Cornouaille avec une “Cyber-Dégustation”(8) entre Quimper, Nantes et Rennes(9), qui a rencontré une belle audience sur les réseaux.

À peine remis de cette soirée arrivait le SISGA de Xixoñ(10) organisé avec le soutien du Gouvernement local. La particularité Asturienne est la militante fidélité des gens à leur cidre. C’est le socle d’une vraie filière Cidricole qui entretient des liens commerciaux forts avec l’Amérique (au nord comme au sud). En revenant de Xixoñ, direction le Val d’Aoste pour une extraordinaire dégustation sur les pentes du Matterhorn (Cervin) a 3 317 m de haut. Ensuite, ce furent les fêtes d’Automne de Kernault et de la pomme à Fouesnant(11).

Miz du (novembre), il commence à faire plus frais et la récolte tire à sa fin. Il y a eu peu de pommes cette année, mais ce fut moins pire qu’attendu et au final, du moins par ici, les ateliers ne se plaignent pas de trop. La fin du mois est marquée par le Sagardo Forum d’Hernani au Pays Basque (Espagne). L’occasion de venir encore présenter le cidre Breton, de faire découvrir l’AOP Cornouaille et de rencontrer quelques acteurs d’une informelle “Guilde Internationale du Cidre” qui se dessine depuis plusieurs années.

L’art de servir le Sidra Natural (Concours du Sagardo Forum)

Au Sagardo Forum il y a une journée pour parler des cidres du monde, une autre pour le cidro-tourisme et un concours de cidre(12) le tout émaillé de visite de vergers, de musées et bien sûr d’agapes animées de “Txotx” dans les Sagardotegia. On n’apprend pas grand chose dans ces rassemblements, tout juste est on conforté (ou pas) dans ce que l’on sait (ou que l’on croit savoir), mais on y rencontre des gens qui vivent à leur manière cette grande agitation du cidre.

“Reuz”(13) dans le cidre.

Le cidre est un marché en mutation. L’apparition du #ciderlover il y a quelques années lui a donné un sacré coup de jeune et fait migrer un certain nombre de consommateurs de la bière vers le cidre et d’autres du vin au cidre. Cela a immédiatement généré une frénésie qui a vu des multinationales s’y intéresser et créer ou racheter des marques. Dans la foulée des opportunistes s’y sont mis avec des productions artisanales où l’imagination remplace parfois le savoir-faire. Parti des USA, le mouvement a gagné la planète et ébranlé la vieille Europe où le cidre de tradition s’était plus ou moins maintenu.

Le résultat est que le mot cidre semble aujourd’hui désigner n’importe quelle boisson qui contient, de près ou de loin, de la pomme (ou un extrait de pomme). Au récent Sagardo Forum d’Hernani au Pays Basque, nous avons entendu l’Américain Brian Rutzen s’inquiéter que tel Craft-cider(14) soit en réalité un Crab-cider(15) et l’Anglais Mike Niel parler de la “crise d’identité” du cidre au Royaume-Uni. Nous y avons débattu avec des personnes persuadées que le cidre est la “nouvelle bière”, nous avons également vu, lors du concours, une catégorie “Cidre moderne” et une autre “Cidre Aromatisé”, des dénominations par défaut, alors que les distinctions entre brut, demi-sec ou doux n’apparaissaient pas.

Pendant ce temps, le marché semble évoluer correctement même si l’euphorie tend à s’estomper, mais la crainte de la stagnation se dessine pour la “nouvelle bière” car le client, s’il est jeune et avide d’expérimentation, n’est pas fidélisé. Il semble que le temps de l’aromatisation à tout va est en fin de cycle et que le consommateur réclame désormais du ”vrai cidre” avec moins d’artifice et plus de qualité. C’est sur ce créneau (une niche dans la niche, dirait un expert du Marketing) que se positionnent les cidres de tradition, des produits qui n’ont rien à voir avec une alternative à la bière, qui peuvent être une alternative au vin, mais qui sont simplement les héritiers du cidre que l’on buvait au quotidien il n’y a pas si longtemps, dans de nombreuses campagnes.

Une délégation de la Northwest Cider Association en Cornouaille (ici avec Joseph Jan à la Cidrerie de Lezergue)

Il est intéressant de noter qu’au moment où les professionnels des ancien territoires du cidres s’initient à l’aromatisation et aux “Cidres modernes”, ceux du nouveau monde se mettent en quête des pistes pour une offre de qualité, qu’ils viennent chercher dans ces anciens territoire du cidre. Les résultats de certains concours sont à cet égard très instructifs.

Le cas de la France

Les cidres français semblent échapper à cette agitation. Les productions industrielles continuent de décliner lentement, mais surement (l’image du cidre en France peine à se renouveler), et les cidres artisanaux progressent, mais seulement sur leurs zones de production respectives et généralement grâce à la fréquentation touristique.

La réglementation Française autorisant ses industriels à produire du cidre avec pour moitié du jus concentré, ceux-ci se retrouvent hors jeu (à moins de se délocaliser) dans des pays où l’on peut faire du cidre sans utiliser la moindre pomme fraîche (c’est nettement moins cher). Dès lors nos champions hexagonaux n’exportent guère et se retrouvent en concurrence avec des petits producteurs, leur imposant de fait des prix de marché plutôt bas qui leur laissent peu de marges de croissance.

Cette règle d’une moitié de vraies pommes voulait protéger le verger à cidre français, (le plus grand d’Europe). La réalité est que les cidres dans le monde sont majoritairement produits à partir de pommes à couteau (ou de jus concentré de pommes à couteau) car il n’y a guère que les pays de vieille tradition Cidricole où les petits producteurs travaillent à partir de pommes à cidre (la niche dans la niche dont on parlait plus haut). Or une pomme à cidre coûte assez chez à produire et si le prix du cidre est trop bas, ce verger ne pourra pas être maintenu, sauf a en vendre les cidres à l’étranger où les prix sont plus rémunérateurs. On peut donc s’attendre à des remous dans la filière cidre.

Vœux pieux.

Au train où vont les choses, une limonade au goût de pomme s’appellera bientôt cidre. Il ne faudra pas s’étonner alors que le marché se rétracte (un tel scénario s’est déjà vu au Québec dans les années soixante-dix). Pour y remédier, ce qui a été fait, à la fin du XIXe siècle pour le vin, pourrait servir de base à une réflexion à mener (le mot vin ne concerne que les boissons issues de raisin frais alors que les boissons aromatisées à base de raisins ne peuvent pas s’appeler vin). En attendant il faut informer le consommateur sur les différentes significations du mot cidre. Ce serait un premier vœux pour l’année à venir.

Un deuxième vœux serait que les professionnels français du cidre s’accordent un peu mieux pour que les uns retrouvent un chemin de croissance et les autres un peu plus d’autonomie. Il semble cependant que le fonctionnement des pratiques ne soit pas près de changer au pays de l’ultra-centralisme.

Enfin la Cornouaille s’essaye à mettre en pratique l’adage qui dit que penser “hexagone” vous relègue à la marge, tandis que de penser “monde” vous met au centre du jeu. Bon vent donc au Sistrot(16) dont la carte s’internationalise et à Breton Cellar dont les horizons sont au-delà des mers. Ce dernier vœux serait donc que les héritiers du “meilleur cidre du monde” cher à Le Guyader puisse se retrouver un peu partout sur la planète, “war bed a Bez”, comme on dit ici.

Chañs deoc’h leun avaloù en hor wezenn(18).

Macgleo 2018

  1. Les résultats cornouaillais – AOP: Argent, Le Brun, Bronze, Menez-Brug – Cidre fermier demi-sec: Argent, Le Brun & Château de Lezergué – Cidre IGB Bretagne doux: Or, Kerné, Bronze, Château de Lezergué – Cidre artisanal brut: Bronze, Distillerie des Menhirs & François Séhédic – Cidre artisanal demi-sec: Or, Kerné, Argent Le Brun – Cidre artisanal doux: Or, Les Celliers de l’Odet, Argent, Le Brun.
  2.  GLINTCAP (Creat Lakes International Competition of Perry and Cider) à Grand-Rapid au Michigan (USA) est le plus important concours de cidre au monde avec plus de 1 200 produits en compétition en une douzaine de catégories. A noter la médaille d’Argent de la Cidrerie Nicol (56).
  3. Ces rencontres font toutes l’objet d’un compte-rendu sur ce blog.
  4. Concours Régional de la Maison Cidricole de Bretagne.
  5. http://www.macgleo.com/blog/2017/06/12/palmares-du-concours-2017-de-la-maison-cidricole-de-bretagne/
  6. Palmarès sur: http://www.cidref.fr/palmares-
  7. http://www.macgleo.com/blog/2017/08/31/petite-tournee-au-herefordshire/
  8. le repay integral sur: https://vimeo.com/235653729
  9. Merci au Sistrot à Quimper, au Sapin à Nantes et à l’EMC2 à Rennes.
  10. Salon International de les Sidres de Gala
  11. http://www.macgleo.com/blog/2017/11/02/au-retour-de-quelques-evenements-cidricoles/
  12. http://www.sagardoarenlurraldea.eus/es/sagardo-forum/concurso-sidra-internacional/resultados/
  13. De l’agitation.
  14. Cidre artisanal
  15. Crab-apples désigne les pommettes sauvages dont on se servait anciennement pour le cidre en Amérique. Elles sont parfois intéressantes (quelques producteurs en font usage), mais  parfois également inappropriées. C’est ce dernier sens qui est utilisé ici.
  16. Le bar à cidre de Quimper propose pas moins de 57 cidres de haute tradition à sa carte (https://www.facebook.com/lesistrot/)
  17. Structure dédiée à la promotion et l’exportation de cidres de haute tradition (www.bretoncellar.com)
  18. Que la chance vous apporte plein de pommes dans vos arbres.

29. décembre 2017 par mark
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La Dégustation du Sistrot du 12 décembre 2017

Pour la dernière séance de l’année, il ne faisait vraiment pas beau sur les quais de Quimper, mais la ville est assez bien illuminée en cette période pour rattraper la grisaille. Au Sistrot, Ronan avait préparé une soirée britannique avec un poiré gallois, un poiré anglais, et quelques cidres plus ou moins traditionnels que l’on peut trouver au Herefordshire et dans les Midlands. 

Troggi Seidr (Wales).

Michael Penney a installé sa cidrerie à Earlswood près de Chepston dans le Monmouthshire au Pays de Galles. Troggi est spécialisé dans l’élaboration de cidres et poirés pur jus, sec élaborés en méthode champenoise.

Perai Modd Traddodiadol (Poiré Méthode Traditionnelle).

La bouteille est belle, mais peu informative (de mémoire ce doit être une récolte 2014 et doit titrer dans les 7% vol). Au service c’est très beau avec une couleur jaune pâle et un joli mouvement de bulles. Le nez peu expressif est un subtil et agréable équilibre de poire et de notes minérales. En bouche il y a de l’amplitude même si c’est minéral avec une acidité un peu aigrelette. la finale parfaitement maîtrisée. L’ensemble est très homogène avec un beau caractère.

Once Upon a Tree (Haygrove Évolution – Herefordshire).

Simon Day est à la Tête de Haygrove Evolution qui produit du poiré, du cidre, du vin tranquille et du vin pétillant. À l’origine Haygrove produisait des fraises puis du raisin et s’est ensuite diversifié dans de nombreuses activités connexes, en Grande Bretagne et ailleurs, dont le vin et le cidre.

Chapell Pleck (Poiré du Herefordshire) 2013 – 7% vol.

Belle présentation de la bouteille avec l’histoire du champs où se dressait autrefois la chapelle de Kynaston. Au service on note la couleur paille, le verre assez calme et quelques (rares) “pompouch”. Le premier nez est puissant et floral, le deuxième est plus minéral avec des notes de chimie qui viennent sous la fleur. En bouche c’est sec et acidulé sans excès, il y a de la minéralté et une finale assez courte. Au final c’est un poiré tout à fait honorable, sans caractère tranché cependant.

Carpenters Croft (Traditional Method Sparkling) 2011 – 7,5% vol.

Joli sonorité au débouchage et bel effet de mousse. Jolie couleur dorée, mais un verre qui reste peu actif. Un nez agréable de pommes bien mûres voir confites avec des notes de fleurs et de bois vert. La bouche est contrastée avec une attaque souple rapidement submergée par une acidité plutôt agressive et quelque peu fugace. Au final c’est l’écart entre la promesse du nez et la perception en bouche qui étonne.

 Halfpenny Gren (West Midlands)

Peu d’informations sur cet établissement (de création récente) dont l’un de deux fondateurs est passé au Sistrot. La bouteille apportée est donc une expérimentation, cela nous a été confirmé par l’échange que Ronan a pu avoir avec le producteur suite à notre appréciation.

Crown Cidre Bouché (récolte 2016 – 8% vol)

Le bouchon (en plastique) est étonnant et si le service fait un effet de mousse correct, la couleur n’est pas encourageante car le cidre est bien trouble. Le nez d’amande amère est levuré avec des notes de linges mouillés assez surprenantes. En bouche il y a de l’amplitude, l’acidité est est bien balancée avec du fruit et de l’amertume en finale. Globalement c’est pas mal, mais cela manque d’arôme et le nez pose tout de même problème.

Dunkertons (Herefordshire).

Établie en 1980 sur l’ancienne paroisse de Pembridge, aux maisons héritées de l’ancienne tradition galloise, Dunkertons est un producteur récoltant certifié Bio qui perpétue la tradition du cidre d’assemblage à base des anciennes variétés locales du Herefordshire.

Black Fox (7% vol)

La bouteille d’un demi-litre avec capsule à joint, respire la tradition des Pubs du Royaume-Uni. Au service c’est sympa avec un petit effet de mousse, un bel orangé et une pétillance mesurée. Le nez est un peu timoré, presque aseptisé, avec cependant de belles fragrances de fruits et quelques notes d’alcool. La bouche est bien balancée avec de l’acidité, de l’amertume et une pointe d’astringence en finale. Même si nous avons regretté de ne pas retrouver assez de fruits en bouche, nous n’avons pas été dépaysés par ce cidre.

Ross Cider (Herefordshire)

Ça vaut la peine de venir ici, au milieu d’une campagne verdoyante aux petites routes sinueuses. Il n’y a pas qu’une cidrerie et des vergers. Il y a, visible de la route, The Yew Tree Inn (l’auberge de l’if), un pub particulièrement réputé et fréquenté, avec le point de vente de la cidrerie dans une des dépendances, qui abrite régulièrement concerts et fêtes du cidre. Il y a sur l’arrière les vergers de pommes à cidres, une sorte de camp de vacances qui doit être bien animée l’été, et plus en contrebas, au calme, la cidrerie avec juste à coté, Broome Farmhouse, un confortable B & B. Bref un environnement parfait pour tout amateur de cidre.

La cidrerie produit depuis 1930 le cidre traditionnel local, dont les ventes s’érodent, et une intéressante gamme de cidres mono-variétaux qui semblent répondre à la mode des “nouveaux cidres” de plus en plus présents. Le verger abriterait près de cent variétés de pommes à cidre et une bonne trentaine de variétés de poires à poiré.

Ross-on-Wye Premium Major (8,4 % vol)

 La Major est typique des pommes dites Jersey du Somerset. C’est une full-bittersweet assez précoce utilisée pour allonger la saison de récolte(1).

 

 

Présentation sobre de la bouteille (capsulée). Petit effet de mousse au service, couleur orangée, peu d’activité dans le verre. Le nez est fruité et assez contrasté avec de la fleur d’oranger, mais aussi de petites pointes moins agréables. La bouche est rugueuse, tonique avec un peu d’acidité, de l’amertume et de l’astringence pour une fin de bouche à la rusticité un peu terreuse.

Ross-on-Wye Premium Harry-Masters-Jersey (7,4 % vol)

La Harry-Master-Jersey, originaire du Somerset, est connue et largement plantée au Herefordshire depuis plus d’un siècle. C’est une full-bittersweet, vintage, semi-tardive. Parfois appelée Port-Wine, on en trouve aujourd’hui sur tous les continents(2).

Présentation quasi identique, mais bouchon à vis pour ce cidre tranquille. Le service est un peu décevant, c’est plat et la couleur jaune fadasse n’est pas enthousiasmante. Le nez est un peu phénolé et propose une dominante citronnée avec des fragrances animales. En bouche c’est sec et plat, assez équilibré, pas désagréable, mais cela manque de fruit. Nous sommes un peu perplexe quant au résultat, même si l’expérience est intéressante.

Ross-on-Wye Premium Dabinett Oak Cask Matured (8,4 % vol)

La Dabinett est parmi les populaires du Royaume Uni. C’est une full-bittersweet, vintage et tardive, découverte par hasard vers 1850 dans le Somerset. Elle est aujourd’hui utilisée un peu partout sur la planète car elle est réputée bien résister au feu bacterien(3).

 

Ce cidre est un assemblage de pommes d’un vieux et d’un nouveau verger avec une garde en fût de chêne. La présentation est identique aux précédents (ici une capsule). Petit effet de mousse au service, orange terne, peu d’activité dans le verre. Le premier nez est fruité, floral et plutôt agréable, mais au deuxième, remonte des notes de linges mouillés peu agréables. La bouche est puissante, sèche avec de l’acidité et de l’amertume qui reste au palais. On peut dire que ce cidre a du caractère, mais il est également un peu lourd et se raproche par sa texture et son équilibre de certaines bières.

Ce fut une agréable soirée au cours de la quelle les conversations sont allées bon train, agrémentées de lectures d’ouvrages sur les pommes à cidres anglaises (références ci-dessous).  Pour clore l’année, nous avons dîner au Sistrot, accompagnant nos belles assiettes d’un original “Sagardo” du Domaine Bordatto au Pays Basque (nous aurons bientôt l’occasion de tester des productions de ce pays). Remerciements à Erwan et Ronan du Sistrot, Jen et Nico de la Cidrerie de Rozavern, Paul de la Cidrerie Coïc, Marine et Brieug de la cidrerie de Kermao et Valérie du Cidref.

1 – Major: Cider Apples, Liz Copas, p.93-94 – Du pommier au cidre, Claude Jolicœur, p.90 – Bulmer’s Pomona, C. Todhunter, R. Williams & R. Sackell, planche VI.

2 – Harry-Master-Jersey: Cider Apples, Liz Copas, p.77 – Du pommier au cidre, Claude Jolicœur, p.85 – Bulmer’s Pomona, C. Todhunter, R. Williams & R. Sackell, planche XXX.

1 – Dabinett: Cider Apples, Liz Copas, p.60-61 – Du pommier au cidre, Claude Jolicœur, p.77 – Bulmer’s Pomona, C. Todhunter, R. Williams & R. Sackell, planche XXIX.

Photos M.Gleonec, illustrations des pommes (fragments) tirées du Bulmer’s Pomona.

16. décembre 2017 par mark
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La dégustation du Sistrot du 31 octobre 2017

Jack o’ Lantern vous salue !

La dégustation d’octobre, retardée en raison de la précocité de la campagne cidricole, avait été fixée au 31, ce qui permettait à une équipe de FR3, réalisant un sujet sur le Sistrot, d’en filmer une partie. En fait ce ne fut pas très simple car le 31 au soir, cela peut être veille de Toussaint ou d’Halloween ou de Samain, cela dépend de sa croyance. Ajouter à cela que le “Quimper Triathlon” organisait ce soir là son KUNT (Kemper Urban Noz Trail) dans la ville, autant dire que rallier à une heure décente le Sistrot tenait déjà de l’exploit. Nous avons cependant maintenu la dégustation et le cercle des dégustateurs s’est heureusement agrandi au fur et à mesure des arrivées. En raison de la présence des caméras, Ronan avait prévu un programme éclectique allant du Bhoutan à l’Allemagne en passant par l’Angleterre, la Bretagne et le Limousin.

Apple Cider Bunthang

Un cidre du Bhoutan, ce n’est pas courant par ici. Ramenée d’un voyage par un ami d’un de nos dégustateurs, la bouteille est avare en informations et n’indique ni volume, ni taux d’alcool. Cela aurait du nous mettre la puce à l’oreille car cet apple cider est en fait un jus de pomme tout à fait honorable.

 

 

 

Tom Oliver est un artisan réputé qui aime sa campagne autour d’Ocle Pychard. Il nous l’avait fait découvrir avec passion quand nous l’avions rencontré avec Claude Jolicœur au mois d’août dernier. Pour qui a lu “Cider with Rosie” de Laurie Lee, dont l’action se passe à quelques miles de là, ces petites routes et ces vergers font remonter de belles histoires.

Oliver’s Fine Cider Medium Season 2014.

2014, cela commence à faire beaucoup pour un cidre traditionnel. De fait la pression au débouchage est mesurée alors que l’effet de mousse est bien présent. La couleur orangée est belle, légèrement voilée, avec un mouvement de bulle timide. Au nez il y a un joli fond de pommes mûres d’où se dégage des notes de vieillissement et une légère piqûre. En bouche on a bien cette saveur un peu austère des cidres anglais avec ici un équilibre évolué et un peu d’astringence en finale.

Oliver’s Fine Perry Medium Season 2015.

La contre-étiquette le précise, il faut un tire-bouchon pour ouvrir. Il y a effectivement peu de gaz et peu d’effervescence. Pour autant la couleur est pâle, mais comme souvent sur les poirés en méthode traditionnelle, des “pompouch” (petits voltigeurs) imposent d’être attentif au service en fin de bouteille. Le nez est sans surprise avec une présence sûre de la poire et de petites notes d’épices. Si on peut en regretter la pétillance un mesurée, la bouche est un peu fraîche et équilibrée avec du fruit et une petite oxydation sur la fin.

 

Michael Stöckl dirige l’Apfelwein international, un important rendez-vous Cidricole international à Frankfurt am Main où la tradition du vin de pomme (appelwein) remonte au XVIIIe siècle. Sans sucre ajouté, titrant entre 5 et 7% d’alcool, il est plutôt sec et acidulé. Michael Stöckl était de la dégustation organisée sur les hauteurs du Matterhorn (Cervin) par Gianluca Telloli, où il avait apporté le cidre aux couleurs de l’événement francfortois.

Tango Rose 2015

Un joli vin de pomme avec prise de mousse en bouteille, dégorgement (le 28 02 2017) et liqueur d’accompagnement à base de cassis. Au débouchage, le bruit est agréable ce qui est une bonne entrée en matière. Au service, il y a un bel effet de mousse et dans le verre c’est rosé et limpide avec de beaux mouvements de bulles. Au nez le cassis prend toute la place et masque la pomme. En bouche c’est sec et acidulé avec une pétillance bien présente. Même si la pomme y est peu ressentie, l’ensemble est parfaitement maîtrisé, homogène et bien dosé.

 

Nicolas Poirier est l’actuel President de la MCB (Maison Cidricole de Bretagne). Sa première activité est la distillation, art devenu rare en Bretagne, mais il élabore également des cidres, parfois atypique comme celui élaboré avec la seule pomme Coco-d’Issé.

Cidre Artisanal Héritage

Petite pression au débouchage, mais bel effet de mousse au service. La couleur est d’un bel orangé bien limpide avec un mouvement de bulle assez léger. Le nez est discret et minéral sur un fond de fruits moyennement exprimé. En bouche c’est sec et minéral avec une franche dualité acidité amertume qui manque cependant de fondu. La fin de bouche est un peu astringente comme attendu. C’est bien un cidre pour la table de bord de mer.

 

 

Michel Deslandes est agriculteur bio depuis de nombreuses années près de Limoges où il exploite un troupeau de vaches laitières et un vergers d’une dizaine d’hectares planté de variétés locales comme la Paradis, la Sainte-Germaine (ou Pomme de l’Estre) et la Vernajoux. À noter que le Limousin est un ancien territoire du cidre, du fait de ses sols et de sa météo, ou la culture de la pomme est très présente.

Cidre du Limousin Sec.

Peu de pression au débouchage et l’effet de mousse au service est moyen. La couleur jaune paille est animée d’un joli mouvement de fines bulles. Le nez est très frais, floral avec des notes d’agrumes assez intenses. En bouche c’est sec, acidulé et sans beaucoup de structure. C’est un cidre frais et léger où toutefois la pomme marque peu sa présence.

 

 

 

Remerciement à Marie Wattebled pour la photo de Jack o’ Lantern, à Ronan et Erwan du Sistrot pour leur hospitalité, à Claude de Menez Brug, Nicolas de Rozavern, Brieug et marine de Kermao et à leurs amis de passage, ainsi qu’à l’équipe de FR3 qui a égayé cette dégustation.

10. novembre 2017 par mark
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Au retour de quelques événements cidricoles.

Le sommet du Cervin, photographié à l’occasion de la dégustation du 7 octobre 2017 au Refuge Teodulo (3 317 m).

Il semble que les rassemblements autour de la pomme et du cidre deviennent plus nombreux au fil des ans. Pour exemple, le mois écoulé m’a offert d’aller au SISGA en Asturies, à la Sicera en Val d’Aoste, de participer à la Fête d’Automne au manoir de Kernault et à la Fête de la Pomme à Fouesnant (d’autres sont à venir). Faut-il voir dans ces manifestations une preuve de l’interêt croissant des consommateurs pour le cidre ou celui d’opportunistes qui cherchent à capter un marché en plein renouveau ? Si les deux sont complémentaires, on notera ici la recherche du vrai et là celle du profit et l’on peut donc s’attendre à autant de déceptions que de satisfactions.

Si les événements cidricoles  locaux sont parfois de simples évolutions d’animations plus anciennes, les rassemblement “internationaux” sont relativement récents et attirent des acteurs du marché cidricole dont certains ne sont pas plus anciens que ces rencontres. Le constat illustre un marché en pleine mutation où chacun essaie de trouver l’opportunité fera décoller ses affaires. Le contraste est parfois saisissant entre les “Maisons” solidement établies et les “Start-up” du cidre à la recherche d’un “coup marketing”. Si les premiers travaillent de la pomme fraîche (pas toujours à cidre) et n’avouent le recours aux jus concentrés que du bout des lèvres (il faut bien répondre à la concurrence), les seconds ne s’embarrassent pas et profitent de l’absence d’une définition claire du mot cidre.

En Asturies.

Au concours de cidre du SISGA 2017

Le concours du SISGA de Xixoñ est à cet égard instructif. Lors de la dernière édition, l’écrasante majorité des produits en compétition se présentaient en petits contenants, soit comme des alternatives à la bière, un marché où il faut avant tout être compétitif. Dans ces conditions les cidres de tradition, coûteux et long à élaborer, étaient malgré leurs indéniables qualités assez marginalisés. On peut rencontrer beaucoup de monde à Xixoñ, de belles rencontres qui rééquilibrent heureusement l’organisation et les horaires étonnants (pour un Cornouaillais du moins) des diverses animations. Pour autant le constat est clair. Si les œnologues, sommeliers et restaurateurs sont curieux de nouvelles saveurs, le public n’est pas près d’abandonner son “Sidra natural” pour un cidre venu d’ailleurs.

Au moins les Asturiens consomment du cidre local et font travailler une une solide filière cidricole asturienne. Le SISGA apparaît donc comme une volonté des Asturiens de peser dans un monde du cidre en restructuration sous la pression des “nouveaux mondes du cidre” pour reprendre l’expression de Claude Jolicœur.

En Val d’Aoste.

Quelques unes des bouteilles dégustées au Refuge Teodulo.

La sicera d’Antey Saint André est d’un tout autre genre. À la différence de nombreuses régions d’Europe, la tradition cidricole, comme dans le reste de l’Italie, n’existait plus. La volonté ici est à la fois d’affirmer l’existence d’un cidre local et d’amener le public à le découvrir à travers une manifestation qui se veut internationale. Antey Saint André est au cœur d’une vallée connue pour ses productions de pommes à croquer. Y organiser la Sicera est donc parfaitement légitime d’autant qu’il fut assez simple de rajouter le cidre à une fête locale centrée sur la pomme.

Le cidre n’est donc qu’une partie d’un événement qui possède d’autres ressorts. Pourtant grâce à Gianluca Telloli, sa présence est remarquable et son écho couvre le brouhaha des rues du village. Rassembler dans ce lieu une douzaine de personnalités des cidres du monde et organiser un marché cidricole proposant plusieurs dizaines de producteurs est déjà un sacré travail. Mais quand on vous invite à à participer, avec vos bouteilles, à une dégustation dans un refuge de montagne niché à 3 317 m sur les pentes du Cervin, cela prend une autre dimension. Cela témoigne d’une belle intuition marketing et surtout d’un formidable attachement à son territoire. Outre l’aspect exceptionnel de la dégustation, c’est bien une affirmation forte de l’existence d’un “cidre des montagnes” qui est donnée.

Du stricte point de vue de l’offre des cidres, la balance est ici équilibrée entre les cidres “modernes” en petits contenants et les cidres de tradition. On note par ailleurs une vraie curiosité du public qui profite à tous les exposants, locaux comme étrangers. Concernant l’AOP Cornouaille, il a été très apprécié confirmant ainsi la réputation de “l’Amore dell’ amaro” des Italiens.

Au Manoir de Kernault

La fête d’Automne est ancrée dans le programme de Kernault depuis plusieurs années et le public y vient en famille profiter d’un cadre champêtre idéal pour la promenade dominicale. Le domaine qui produit son propre cidre, possède un verger vieillissant qui fut en son temps un des vergers d’expérimentation du Cidref, et un nouveau verger planté de variétés locales.

L’espace cidre de la manifestation comprend une zone de démonstration de pressage, un stand de vente de cidres et un autre d’animation et d’initiation à la dégustation de cidre. L’AOP Cornouaille y était représenté avec une mise en avant de la Route du Cidre de Cornouaille. Il y avait quatre cidres en dégustation et vente dont deux hors Appellation. Le public est venu nombreux et beaucoup de visiteurs, seulement habitués à un cidre local, découvraient la variété des saveurs et des arômes proposée par les quatre exemples. Du coup les questions et les échanges furent nombreux avec la satisfaction de voir l’AOP Cornouaille remporter largement les suffrages.

À la fête de la Pomme.

La démonstration de pressage à l’ancienne au centre de la fête.

Cette manifestation fouesnantaise est bien plus récente que l’estivale Fête des Pommiers qui avec son concours de cidre fêtera sa 107ème édition en 2018, mais depuis une dizaine d’année elle s’est fait une place de choix dans le calendrier de la commune. À chaque fois c’est un réel plaisir de voir s’ouvrir au grand public les Vergers de Penfoulig. Le travail mené depuis quatre ans sur l’identification et la mise en valeur des variétés locales (à cidre principalement), trouvant ainsi une belle justification.

Le cadre est magnifique. C’est un écrin de verdure au fond de l’Anse de Penfoulig. Certes il faut abandonner sa voiture à quelques centaines de mètres de la fête, mais la balade le long des étangs vaut vraiment la peine. Sur le site, entre les deux vergers et devant la maison des marais, la grande prairie accueille les stands dans un grand cercle convivial, avec au centre les pressoirs. Un petit pour les jus de pomme et un pressoir traditionnel à vis centrale pour les fruits à cidre. La pressée se fait à l’ancienne avec une “motte” montée à la paille de seigle. Dans le cercle des stands, celui de la pasteurisation en public du jus de pomme attire également un bon public.

L’AOP Cornouaille y présentait la Route du Cidre et participait à la fête en commentant la pressée et répondant aux questions sur l’élaboration traditionnelle du cidre. La dégustation commentée d’un AOP n’a surpris personne tant la saveur amertumée fait partie de l’habitude fouesnantaise, mais les questions ont été nombreuses et pertinentes au point que l’idéee de voir le cidre s’inviter sur les tables gourmandes fait son chemin.

De quoi cidre est le nom ?

Les ingrédients d’un cidre fabriqué à base de jus concentré.

Ces manifestations ont toutes en commun le cidre. Trois d’entre elles se déroulent dans des lieux que l’on peut qualifier de bucoliques. L’ambiance y est détendue et conviviale, les exposants y écoulent tranquillement leurs produits et la dimension “produit sain et naturel” du cidre y est évidente. Pour autant le SISGA de Xixoñ est d’une autre trempe et se présente comme un moment fort d’un monde cidricole en marche avec ce que cela suppose d’enjeux économiques. Or, à coté du “Sidra natural” cher aux Asturiens, ce sont bien les cidres “modernes” plus ou moins aromatisés, et plus ou moins “artificiels”qui sont les plus présents.

Derrière ce constat se dessine l’absence d’une définition claire de ce qu’est le cidre et une sourde inquiétude agricole. Pour faire de bons cidres, il faut de bonnes pommes à cidre, professent tous les experts du breuvage. Or la culture de la pomme à cidre, aux pratiques généralement qualitatives, n’offre que des rendements faibles en regard de ceux de la pomme à croquer. Fabriquer un cidre à base de pomme à croquer revient donc moins cher et si elles sont remplacées par des jus concentrés, le coût est encore inférieur.

Lors d’un récent séjour en Angleterre, les producteurs de pommes à cidre se plaignaient que le nouveau propriétaire de Bulmers (le premier cidrier Anglais) diminuait ses commandes chez eux pour augmenter celles de jus concentrés. La loi française est un frein à ces pratiques, mais la libre circulation des marchandises dans l’UE pourrait aboutir à la rendre caduque. Le verger français de pomme à cidre, réputé le plus vaste d’Europe, risquerait alors de n’être qu’un souvenir. On peut argumenter que l’expérience gustative n’est pas la même, mais pour que cet argument garde quelques valeurs il faudra plus que trois fêtes bucoliques et peut-être faudrait-il que tout un chacun sache de quoi cidre est le nom.

Par exemple en France, la définition légale du vin, établie en 1889 à une période de fraude généralisée, réserve cette dénomination aux produits exclusifs de la fermentation du raisin frais ou du jus de raisin frais, et un décret de 1987 précise que les boissons aromatisées à base de raisin ne doivent pas comporter le mot vin dans leur dénomination.

02. novembre 2017 par mark
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La dégustation du Sistrot du 12 septembre 2017

Rentrée des classes au Sistrot où nous reprenons nos habituelles dégustations du mardi. Il n’est cependant pas sûr que notre réunion mensuelle soit suffisante pour passer en revue les bouteilles qui nous arrivent d’un peu partout, en plus de celles que nous allons nous-même chercher. Comme il est hors de question d’écorner la convivialité de nos travaux, nous évitons de déboucher plus de 8 bouteilles à chaque séance et il nous faudra donc réfléchir à une solution. On ne peut pas dire que Dame Nature nous gâte en cette fin d’été pour le moins arrosée et nous étions assez content de nous retrouver bien au sec dans le confort de la petit salle du Sistrot, celle où les murs de pierres ont quelques siècles de secrets à conserver et qui doivent trouver nos histoires bien légères. Ronan Gire nous avait concocté un programme mêlant la Normandie, la Bretagne orientale et le Val d’Aoste.

Peu de tapage médiatique sur le Domaine Lesuffleur, installé à Folletière Abenon dans le Calvados, une relative discrétion qui n’empêche pas une belle réputation de la maison qui opère également dans le négoce de vins fins.

Nous avons en premier une bouteille de Folletière 2014. Belle présentation de la bouteille avec assez de sobriété et d’informations pour attirer l’œil. On regrettera cependant que diverses informations légales soient peu lisibles. Quoi qu’il en soit, ce cidre montre une belle couleur orangée, très légèrement voilée avec un bel effet de mousse au service. Le nez, expressif, respire la pomme très douce et sucrée. En bouche la douceur est là avec un peu d’acidité, du corps et une petite touche d’astringence. La finale est longue avec du fruit. C’est un petit peu sucré, mais bien fait et élégant.

Nous avons ensuite testé le Friardel 2015 qui se différencie, au dires de la contre-étiquette, par une proportion différente des types de pommes à cidre. La présentation est assez proche, l’orange est un peu plus soutenu et le voile peut-être plus présent. Le nez est doux, mais peu expressif avec des notes animales sous le fruit. En bouche, l’attaque est douce, voire molle, mais il y a de la rondeur, de l’amplitude avec toujours cette petite point d’astringence. La finale est un peu courte moyennement parfumée. C’est un beau produit qui présente bien, ne déçoit pas, mais manque un peu conviction.

Continuant en Normandie, en Seine Maritime, nous nous sommes intéressé au Domaine Duclos Fougeray installé à saint Michel d’Halescourt dans de vénérables bâtiments du XVIIIe siècle en posés en plein bocage.

La premier flacon proposé par Ronan était un Poiré 2011, le Plant de blanc. Une belle et sobre présentation de la bouteille sans précision technique, mais avec des indications claires et concises. Dans le verre, ce poiré est limpide et brillant, jaune paille, mais quelques légers “pompouch” (petits voltigeurs) vagabondent de-ci de-là, sans excès cependant (il semble que ce soit fréquent avec le poiré). Le nez est initialement presque absent et il faut attendre un peu pour sentir le fruit. En bouche il y a un très bel équilibre sucre-amertume-acidité rehaussé par un peu de fruit et une agréable pétillance. La finale est dans cette continuité. Au total c’est un poiré plaisant, fin et très agréable.

Du même Domaine, nous avions le Rouge Bruyère, un cidre toujours aussi bien présenté. Au service, il fait son effet avec une belle couleur orangée et limpide. Le nez met également quelques seconde avant de s’exprimer et donne alors du fruit, des pommes douces, en concurrence avec des fragrances lactées et peu être un peu herbacées. En bouche c’est doux sans autres expression à part le fruit bien présent. C’est un joli produit, mais nous l’avons trouvé un peu court. Sans attendre de l’exubérance, nous espérions un peu plus de richesse.

Retour en Bretagne orientale, au Domaine Johanna Cecillon, dont la réputation relativement récente, ne se dément pas. La maison est établie à Sévignac dans les Côtes d’Armor et s’appuie sur l’ancienne tradition cidricole locale.

Nous avons ici aussi commencé par un poiré, le Belenos 2016. La présentation de la bouteille est sobre et va à l’essentiel. Petite digression, le graphiste que je suis (même si le temps me manque pour cela) apprécie de trouver des motifs d’entrelacs irlandais sur les coins de l’étiquette. Au service, le Belenos est à son affaire, bel effet de mousse, couleur paille légèrement voilée avec encore quelques petits “pompouch”. Le nez, moyennement présent, est intéressant avec de la poire un peu chaude et du miel. En bouche c’est sec et même très sec et le fruit semble perdu au point qu’il ne reste que la seule acidité, de belle facture au demeurant, a régner en maître. Aux antipodes de nos douceurs cornouaillaises amertumées, c’est un produit de caractère, bien fait dans le genre, dont on peut toutefois regretter qu’il ne conserve pas mieux le fruit.

Toujours du Domaine Cecillon, nous sommes passé au Nérios 2016, un cidre du cru local. La présentation est dans la même veine. Au service la mousse est un peu mesurée et la couleur orange bien dans la tradition. Les premiers verres sont bien limpides, les derniers un peu moins. Au nez la pomme est assez masqué par des arômes évolués de sous bois et de champignons. La bouche est amère et sèche, un peu comme ces cidres fermiers des campagnes d’antan, un parti pris qui a ses amateurs et s’accorde bien à la cuisine roborative.

Pour finir la soirée, direction le Val d’Aoste. Nous avions déjà testé le cidre standard de la maison Maley *, mais ici nous avons les belles cuvées du producteur.

D’abord le Matterhorn (le nom en allemand du Cervin). La bouteille indique sans détour le positionnement de ce cidre. Au service c’est parfait, bel effet de mousse, limpidité sans défaut et robe paille claire, presque incolore. Au nez, il fait penser à certains vins blancs, mais avec de la pommes et de la poire. La bouche est parfaitement en place avec avec une acidité maitrisée et une belle présence. La finale est tout à l’avenant sans aucun excès. Notre petit groupe a également apprécié ce Matterhorn pour son homogénéité et sa capacité à hausser le cidre à ce niveau de qualité.

Pour terminer, le Jorasse (encore des sommets qui sont le quotidien de la maison Maley). La présentation est identique au précédent. À noter que ce cidre titre 8% vol, ce qui commence à compter. Au service c’est toujours parfait avec une belle robe paille assez claire et un joli mouvement de fines bulles. Le nez est très typé et fait cohabiter la fraîcheur acidulée de la pomme avec des notes d’agrumes. La bouche est fraîche avec une dualité acidité – amertume aux étonnantes notes agrumes. La fin de bouche continue en l’adoucissant cette sensation. Au final Le Jorasse interpelle car il joue de sa belle présentation pour proposer un caractère affirmé à l’image des vallées de sa montagne.

*http://www.macgleo.com/blog/2017/04/09/la-degustation-du-sistrot-davril-2017/Ce fut une belle dégustation de reprise avec des cidres de qualité. Nous verrons bien si l’un ou l’autre de ces nectars trouvera grâce au palais de Ronan Gire, car derrière ces dégustation il y a également le souhait de faire profiter le plus grand nombre de nos belles trouvailles. Comme je l’indiquais plus haut, il y aura probablement une nouvelle séance assez rapidement, si toutefois la période de récolte qui s’annonce laisse du temps à nos dégustateurs. Étaient présent à cette soirée, Claude Goenvec de Menez Brug, Brieug et Marine Saliou de Kermao, Paul Coic de la Cidrerie Coic, Gwenael Thomas des Cidres Le Brun, Valerie Simard du Cidref, Marie Wattebled de Breton Cellar et évidemment Ronan Gire.

Remerciement à tous ainsi qu’à Erwan Gire qui a veillé à préserver notre tranquillité.

Ken ar c’hentañ, Mark Gleonec

15. septembre 2017 par mark
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Petite tournée au Herefordshire

Au retour du kazakhstan où avec Andrew Lea et Peter Mitchell, ils participaient au tournage d’un film sur les forêts primaires de pommiers près d’Almaty, Claude Jolicœur avait décidé de passer trois jours au Royaume-Uni afin de visiter quelques cidreries. Nous nous sommes retrouvé à Heathrow avant de filer au Herefordshire.

Ce coin là est une verte campagne où les pommiers et les poiriers sont partout, à peine masqués par les haies des talus. Il semble que depuis 1887, Bulmers le géant du cidre, y achète sa matière première, mais d’après ce que l’on a entendu, le grand cidrier, aujourd’hui propriété d’un brasseur Néerlandais, prendrait moins de fruits anglais et plus de concentrés chinois. Du coup la surproduction menace et les cours chutent alors même que le prix de la terre augmente.

Nous y avons vu de beaux vergers, qui ressemblent à ceux de la Cornouaille Armoricaine avec des variétés à cidre telles les Kingston-black, Dabinett, Yarlington-mill, Foxwhelp, Major, Harry-Masters-Jersey, etc. Les poires à poiré ne semble pas avoir le même problème et nous avons pu voir autant de vénérables arbres majestueux que de plantations nouvelles avec des variétés comme les Blakeney-red, Thorn, Judge-Amphlett, Moorcroft, Flakey-Bark, etc.

Nous avons passé une belle matinée avec Tom Oliver réputé produire les grands poirés de ce bas monde. Force est de reconnaitre que ce qu’il produit est vraiment exceptionnel. Nous avons principalement arpenté les vergers en sa compagnie et, au moment du Lunch, avons été rejoint par Susanna et James de Little Pomona venu avec leur nouveau (et bon) cidre Rainbow. 
Tom Oliver (à gauche) & Claude Jolicœur dans un verger d’Ocle Pychard 

                       

Nous avons évidemment un peu traîner et ce qui restait de l’après midi s’est déroulé au pas de charge. Un premier arrêt chez Haygrove pour voir Simon Day et ses Once Upon a Tree. Ce fut un peu visite de chantier. L’aménagement de la nouvelle usine se faisant avec la perspective d’une campagne à venir plus précoce que prévu. Le matériel de pressage est le même que celui de certains de nos ateliers cornouaillais, mais la cuverie est tout inox et le dégorgement est la règle. Nous avons seulement goûté aux cidres et poirés de glace, mais avons rapporté des bouteilles et une prochaine dégustation nous en dira plus sur les cidres traditionnels de la maison.

Après le béton et l’acier de Haygrove, nous sommes allé voir le site bucolique de Gregg’s Pitt où James Marsden élabore une petite (afin de s’arranger avec les lois du Royaume) et belle production à partir d’arbres magnifiques. Sa vieille presse à double vis, montre une très belle dalle et la petite cidrerie est parfaitement équipée. Nous avons été agréablement surpris de son cidre qui ne déparerait pas aux cotés de nos doux-amer cornouaillais.

La soirée nous a ramené à notre gîte qui jouxte à la fois le Yew Tree Inn, le pub local et la cidrerie de Ross on Wye. Ce fut donc assez long car les trois établissement travaillent ensemble et nous avons évidemment atterri à la cidrerie (enfin à son annexe de vente-dégustation) spécialisée dans les cidres mono-variétaux. Or ils produisent autant de cidres différents qu’ils disposent de variétés de pomme différentes. Ajoutez à cela que le maître des chais est un admirateur de Claude Jolicœur, autant avouer que la nuit était fort avancée quand nous avons regagné nos lits, traversant les vergers à la seule lueur de nos smartphones.

Au petit matin, direction le Pays de Galles, chez Troggi Seidr, également une petite production (pour aussi s’arranger avec la loi). La presse également y est extraordinaire, une des dernières évolutions des fameuses presses anglaises à deux vis, avec un système d’écrous complexe (un rêve de mécanicien). Producteur par passion Mike Penney, pratique le dégorgement et laisse du temps au temps avant de mettre en marché. Si nous avons échangé sur les vergers et les techniques cidricoles, nous avons également parlé entre Bretons de notre histoire et nous trouverons sans doute un moyen de remettre ça.

Nous étions attendu à Hereford, au Cider Museum, par Elisabeth Pimbett, la nouvelle directrice de l’établissement. Il est installé dans les bâtiments d’origine de la cidrerie Bulmers (mais le musée est totalement indépendant de l’entreprise installée aujourd’hui quelques miles plus loin). La dotation en matériels anciens (parfois très anciens) et traditionnels est importante et la visite donne une bonne idée de l’importance du cidre dans la région. La boutique du musée, offre un choix impressionnant de cidres et sa librairie spécialisée est assez bien achalandée pour que nos porte-monnaies en aient un peu souffert. Il est probable que le musée évolue bientôt avec une muséographie modernisée, mais tel qu’il est c’est c’est un lieu à visiter pour tout amateur de cidre. À titre personnel je regrette cependant l’absence d’informations sur la dégustation des cidres et peut-être une ouverture aux cidres du monde.La façade du Musée avec ses jolis pommiers en pot à l’entrée.

Les quelques jours prévus pour ce Cider trip ne permettaient pas d’en voir plus, mais nous avons rencontré des professionnels passionnés de leur produits et vu de beaux vergers qui montrent un “Pays du Cidre” pas si différent de la Cornouaille Armoricaine. Il nous reste cependant à imaginer une occasion pour aller au Sommerset goûter aux Burrow Hill et Cider brandy de Julian Temperley. Ce sera une autre fois.

Les lieux visités: www.oliversciderandperry.co.uk – www.littlepomona.com – www.haygrove-evolution.co.uk – www.greggs-pit.co.uk – www.rosscider.com – www.ukcider.co.uk/wiki/index.php/Troggi_Seidr – www.cidermuseum.co.uk

Sur le cidre anglais: www.cideruk.com – www.cider.org.uk (Andrew Lea) – www.cider-academy.co.uk (Peter Mitchell) – www.cjoliprsf.ca (Claude Jolicœur)

31. août 2017 par mark
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La dégustation du Sistrot du 27 juin 2017

Dernière dégustation avant la saison d’été, la réunion fut pour le moins relevée. Ronan Gire nous avait réservé quelques bouteilles ramenées de ses escapades en Normandie, en Pays d’Othe et en Pays de Quimperlé. Première maison visitée, celle de Simon Lemarié à Isigny sur Mer. L’entreprise est toute récente puisque établie en 2015. Il y a un verger de quatre hectares en production et un autre qui vient d’être planté. Ingénieur de formation, notre producteur a tout plaqué il y a quelques années pour élaborer du cidre qu’il produit en Bio et qu’il propose en bouteilles traditionnelles, en petit format et en fût pour les bars.

Le Cidre de Simon avait l’honneur d’ouvrir les débats. Il s’en est sortit d’autant plus brillamment que son équilibre aurait pu le faire passer pour un cidre d’ici, si Ronan nous l’avait proposé à l’aveugle. Au service, cela manque de pression et l’effervescence est mesurée. Pour autant la couleur est belle et le verre agréable à l’œil. Le nez est présent, légèrement fermentaire avec de jolis parfums de pommes mûres. En bouche il est équilibré, c’est un demi-sec avec une belle rondeur. La finale nous a semblée assez courte. De l’avis de la table c’était parfait comme entrée en matière.

Du même producteur, le Cidricchus (Dieu Normand du cidre), est d’un autre galop. S’il y a peu de pression à l’ouverture, l’effet de mousse est sympathique et la couleur est belle. Il manque juste un peu d’animation dans le verre. Le nez est bien présent, complexe, avec de la pomme, des épices, un peu d’herbe, de la réglisse et des notes fumées. La bouche avec son équilibrée à l’amertume érodée montre un certain caractère. L’ensemble est assez réussi avec une belle retro-olfaction. Cependant une finale plus affirmée construirait un souvenir de dégustation plus marqué.

Deuxième halte de notre soirée, le Domaine La Charloise à Bœurs-en-Othe. La maison a déjà une bonne vingtaine d’années et dispose de quatorze hectares de verges plantés de variétés trditionnelles du cru (Airolles, Verollot, Nez-de-chat, Nez-plat, etc), menés en Bio. Les cidres du domaine sont secs et acidulés, plutôt fort (7% vol) et dosés, plus ou moins, au sucre de betteraves suivant le résultat souhaité. Ils supportent une garde assez longue et sont systématiquement bouchées de capsules. La tradition des cidres du Pays d’Othe est très éloigné des habitudes normandes ou bretonnes et bien qu’établie depuis longtemps, il est peu fréquent d’en trouver en Cornouaille.

La première bouteille (à 96,2 % de cidre) s’est peu exprimée au débouchage et le verre n’a guère montré beaucoup vie. La couleur orange paille est belle, mais légèrement voilée (Nous avons noté un dépôt dans la bouteille, preuve d’une méthode traditionnelle). Au nez il y a de la pomme, un soupçon de sirop et quelques notes de futaille, ce qui est plutôt sympathique. En bouche c’est franchement acide, voire agressif, mais la liqueur est bien présente surtout en fin de bouche. La finale est donc un petit peu lourde, ce qui pourrait après plusieurs verres devenir assez pesant.

Le deuxième flacon (à 98,2% de cidre), se présente un peu comme le précedent à l’œil comme au nez avec toutefois du sirop moins présent et en contrepartie des notes de futailles plus prononcées. En bouche il est comme attendu, un peu plus agressif, mais relativement. Nous avons cependant regretté qu’il soit moins fondu, mais peut-être est ce là notre inexpérience de ce type de cidre. Dans tous les cas un exemple intéressant d’une vieille tradition cidricole.

Restant en Pays d’Othe, nous avons testé les cidres de Frédérick Goussin et Olivier Euillot. Des cuvées traditionnelles élaborés avec maîtrise, jusqu’au dégorgement à la volée, une technique chère au maisons champenoises toutes proches. Ici la présentation est classique avec de beaux bouchons aux muselets parfaitement ajustés.

La cuvée Tradition donne de la voix au débouchage avec un effet de mousse aussi abondant que fugace. La couleur d’un bel orange pâle est parfaitement limpide. Le nez est relativement neutre, très propre avec juste quelques notes de fruits, de la pomme et un soupçon d’agume. La bouche est comme attendue acidulée avec un peu de fruit. L’ensemble est élégant mais peut-être un peu linéaire.

La cuvée C.Pomme gagne en force pour atteindre les 8%vol ce qui commence à faire beaucoup pour du cidre. La présentation est impeccable et le verre flatteur avec son bel orange paille aux reflets dorés. Le nez est relativement puissant avec du fruit et de jolies notes végétales. La boucle est acidulée avec un peu de tanin, une belle retro-olfaction et une finale agréable. un cidre que nous avons eu plaisir à découvrir.

Cuvée pour le moins originale de la maison Goussin et Euillot, le Torride vaut par sa recette qui inclue 3% de gingembre frais. Si la présentation est toujours soignée, c’est au nez que l’originalité se dévoile. C’est fort, le gingembre emporte tout. Nous avons cependant noté la petite présence de résine. La bouche est évidemment acidulée et épicée, mais on est surpris de ne pas retrouver d’accord avec la promesse du nez. Dans tous les cas une curiosité qui mérite bien son nom et qu’il faut avoir testé au moins une fois.

Quittant le Pays d’Othe, nous avons fait un retour en Cornouaille pour tester deux bouteilles de la ferme cidricole des “Bouteilles à l’Amère”. Il s’agit en réalité de la reprise par Marc Frocrain de la cidrerie de Patrick Gourlay à Rédéné près de Quimperlé. L’exploitation bénéficie donc de vergers bien en place et d’une traditon locale aussi ancienne que bien établie. Au début du XXe siècle, Crochetelle déjà vantait la qualité du fond variétal de la zone dont la Kermerrien est sans doute la variété de pomme à cidre la plus connue.

Le Cidre du Pays de Quimperlé, est un brut dans la veine de ce que produisait Patrick Gourlay. Au débouchage, il propose un bel effet de mousse, une couleur orangée et limpide dans la pure tradition locale. Le nez est rustique avec de la pomme mûre et des arôme matures (à la limite de l’excès). La bouche est dans la typicité du cru, amère mais sans violence avec une rondeur mesurée et une persistance un peu courte. C’est assurément un vrai cidre de table qui accompagne parfaitement la cuisine roborative de nos campagnes, le koan-vras (grand souper) n’est pas loin.

Pour terminer la soirée, place à une séquence nostalgie (pour ceux qui ont connu l’époque où l’on tirait cidre à la barrique, en notant qu’il reste encore quelques vieilles personnes à pratiquer ainsi). Place donc au cidre extra-brut “tranquille”. Point d’effervescence, juste une robe orange pâle et limpide. Le nez de pomme et d’agrume est un peu piqué (ça rappelle quelques souvenirs d’enfance). En bouche, c’est acidulé, assez sec, sans beaucoup de corps avec cette saveur particulière des cidres plats. Celui-ci vaut d’être un témoignage d’un temps révolu, mais il pourrait également être une piste pour un produit alternatif original.

Mersi bras à tous les dégustateurs du mardi soir, à Ronan & Erwan pour la belle arrière-salle du Sistrot, à Lenaig, Marine, Claude, Steven et Brieug. Nous ne reprendrons nos dégustations qu’en septembre, mais depuis quelques temps, nous collectons des bouteilles qui nous arrivent d’un peu partout. Nous allons donc pouvoir commenter des cidres exotiques venus d’au-delà des mers. D’ici là bel été à tous & ken ar c’hentañ !

 

30. juin 2017 par mark
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Palmarès du concours 2017 de la Maison Cidricole de Bretagne.

Rendez-vous annuel de la filière cidricole bretonne, ce concours est itinérant et visite chaque année un des cinq départements de la Bretagne historique. Il met en compétition les Jus de pomme, cidres, pommeaux et Eaux de vie de cidre des producteurs Bretons. Il s’est tenu cette année, le 12 juin dans le cadre de l’Orangerie de Lanniron à Quimper (29) sur les rives de l’Odet, sous le parrainage de Dan ar Bras, compositeur, guitariste et grand amateur de produits de caractère, venu en voisin. Portées par la sérénité des lieux, les dégustations se sont déroulées dans une ambiance studieuse et détendue. Le palmarès (40 médailles dont 15 d’Or) a été dévoilé en présence de Nicolas Poirier, Président de la Maison Cidricole de Bretagne, à la fin du repas qui traditionnellement clôture la réunion.

Il y avait en compétition cent trente échantillons répartis en quinze catégories.

1 – AOP Cornouaille.

Or : Menez-Brug (29)

Argent : Kermao (29)

2 – Cidre fermier Brut

Or : Cidrerie Kerloïck (22)

Argent : Pressoir du Belon (29 & Cidrerie de Tromelin (29)

3 – Cidre fermier demi-sec.

Or : Maison du cidre (56)

Argent : Pressoir du Belon (29) & Kermao (29)

Bronze : Les trois frères (29)

4 – Cidre fermier doux.

Or : Les trois frères (29)

Argent : Cidrerie Kerloïck (22)

5 – Cidre artisanal brut.

Or : Cidre Kerné (29)

Argent : Cidre Sorre (35)

6 – Cidre artisanal demi-sec.

Or : Distillerie des Menhirs (29)

Argent : Cidre Sorre (35)

7 – Cidre Artisanal doux.

Or : Les celliers de l’Odet (29)

8 – Cidre grande maison brut.

Argent : Val de Rance (22)

9 – Cidre grande maison doux.

Argent : Val de Rance (22)

10 – Jus de pomme pétillant.

Or : Cidrerie Paul Coïc (29)

Argent : Cidre Kerné (29)

Bronze : Cidrerie de Brocéliande (35)

11 – Jus de pomme tranquille.

Or : Cidrerie de Rozavern (29), Kermao (29) & Cidrerie Nicol (56)

Argent : Cidrerie de Tromelin (29), Cidrerie Daniel Le Maître (22) & Maison du cidre (56)

Bronze : Cidrerie de Cozmezou (29) & Cidre Sorre (35)

12 – Pommeau de moins de Trois ans.

Or : Distillerie Warenghem (22)

Bronze : Menez-Brug (29) & Kermao (29)

13 – Pommeau de plus de trois ans.

Or : Distillerie du Gorvello (56)

Argent : Pressoir du Belon (29)

14 – Eau de vie de cidre de moins de quatre ans.

Or : Kermao (29)

Argent : Manoir du Kinkiz (29)

Bronze : Distillerie du Gorvello (56)

15 – Eau de vie de cidre de plus de quatre ans.

Or : Menez-Brug (29)

Argent : Distillerie du Plessis (29) & Distillerie du Gorvello (56)

 

12. juin 2017 par mark
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