Triskell (version II)

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L’invocation récente, par un leader Bonnet-Rouge du triskell est intéressante car il semble possible que ce vieux motif graphique soit en réalité un traité sur l’art politique des anciens celtes. Il apparaît, grâce à l’étude d’anciens systèmes d’écriture, que certaines civilisations ont été capables de réduire un ensemble d’idées à quelques traits agencés dans un ordre permettant de les retrouver.

Malheureusement les symboles celtiques ne sont pas arrivés jusqu’à nous avec leur mode d’emploi et nous en sommes réduits à des hypothèses invérifiables. Cependant dans le cas du triskell, il apparaît qu’avec ses trois spirales, il indique un système organisé, à la fois stable et équilibré.

Partant de là, il est possible d’imaginer que le triskell indique une structure de la cité. On y voit trois spirales qui peuvent aussi être considérées comme trois points d’appuis. Or les mathématiques nous disent que trois points suffisent à définir un plan stable. Il est donc possible d’y construire la cité. Les trois spirales gravitent autour d’un centre fictif et peuvent donc être lues dans n’importe quel sens, il n’y a donc pas de hiérarchie. On peut imaginer y voir une spirale de l’esprit tissant des liens entre les groupes humains, grands, moyens et petits, une spirale de la main modératrice des forces du travail, de l’argent et de la nature et une spirale de la conscience connectant le savoir, la croyance et les bruits de l’univers.

Poursuivant la lecture, il est possible de supposer que chaque spirale porte, dans un plan  courbe, perpendiculaire à son tracé, un autre triskell semblant confirmer ces messages.

La spirale de l’esprit précise peut-être que pour survivre, les hommes sont depuis leur invention, organisé autour des nécessités de la sécurité, de la solidarité et de la liberté. La spirale de l’esprit recèle donc un triskell avec une spirale de la sécurité, ensemble assez large pour maîtriser les outils de la monnaie, de la diplomatie et de la force militaire, une spirale de la solidarité, structure assez attentive pour utiliser les outils de l’emploi, de la santé et de l’éducation, et une spirale de la liberté, force assez autonome pour inventer des outils de l’entreprise, de la règlementation et de la culture.

La spirale de la main précise peut-être que pour avancer les hommes sont depuis leur invention, engagé sur des chemins du travail, de l’argent et de la nature. La spirale de la main recèle donc un triskell avec une spirale du travail, outil assez puissant pour assurer à chacun le gîte, le couvert et l’habit, une spirale de l’argent, moyen assez souple pour permettre à tous l’équité, l’échange et l’avenir, et une spirale de la nature, ressource assez vaste pour que tous les humains puisse se nourrir, s’habiller et se protéger.

La spirale de la conscience précise peut-être que pour comprendre les hommes sont depuis leur invention, rassemblés autour des questions du savoir, de la croyance et de l’univers. La spirale de la conscience recèle donc un triskell avec une spirale du savoir, territoire en mouvement où se côtoient la connaissance du passé, l’expérience du présent et les potentialités du futur, une spirale de la croyance, étendue calme et rassurante où cohabitent le questionnement, l’espoir et la sérénité, et une spirale de l’univers, espace sans aucune limite à la fois omniprésent, secret et pourvoyeur de lumières.

TriskellComme beaucoup de dessinateurs (pardon graphistes) bretons, je dessine des triskell depuis longtemps et me demande à chaque nouveau croquis la signification de ces trois spirales. Tout ce que j’ai pu lire ne m’a jamais convaincu, mais je prétend que chacun a bien le droit de lui donner le sens qu’il veut. 

L’actualité récente de notre pays est peut-être une occasion de formuler quelque chose. S’agissant de la spirale de l’esprit, on peut penser que cela ressemble à un monde celtique pré-romain, du moins tel que nous pouvons le deviner au travers des écrits (souvent de sordides propagandes) qui nous sont parvenus. On imagine assez bien également que cela peut être une trame pour une Europe de Peuples que d’aucuns brandissent sans bien en mesurer toutes les conséquences. L’équilibre est loin d’être tout trouvé et c’est bien pour cela qu’il faut élargir le regard et parcourir les trois spirales du triskell.

Note : Quand le triskell tourne vers la gauche, c’est un symbole belliqueux (les danses de guerre commencent dans cette direction). Quand il tourne vers la droite c’est un symbole de paix (les danses de guerre se terminent dans ce sens).

Park menez pell d’an 5 a viz Kerzu 2013

04. décembre 2013 par mark
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