La dégustation du Sistrot du 31 octobre 2017

Jack o’ Lantern vous salue !

La dégustation d’octobre, retardée en raison de la précocité de la campagne cidricole, avait été fixée au 31, ce qui permettait à une équipe de FR3, réalisant un sujet sur le Sistrot, d’en filmer une partie. En fait ce ne fut pas très simple car le 31 au soir, cela peut être veille de Toussaint ou d’Halloween ou de Samain, cela dépend de sa croyance. Ajouter à cela que le “Quimper Triathlon” organisait ce soir là son KUNT (Kemper Urban Noz Trail) dans la ville, autant dire que rallier à une heure décente le Sistrot tenait déjà de l’exploit. Nous avons cependant maintenu la dégustation et le cercle des dégustateurs s’est heureusement agrandi au fur et à mesure des arrivées. En raison de la présence des caméras, Ronan avait prévu un programme éclectique allant du Bhoutan à l’Allemagne en passant par l’Angleterre, la Bretagne et le Limousin.

Apple Cider Bunthang

Un cidre du Bhoutan, ce n’est pas courant par ici. Ramenée d’un voyage par un ami d’un de nos dégustateurs, la bouteille est avare en informations et n’indique ni volume, ni taux d’alcool. Cela aurait du nous mettre la puce à l’oreille car cet apple cider est en fait un jus de pomme tout à fait honorable.

 

 

 

Tom Oliver est un artisan réputé qui aime sa campagne autour d’Ocle Pychard. Il nous l’avait fait découvrir avec passion quand nous l’avions rencontré avec Claude Jolicœur au mois d’août dernier. Pour qui a lu “Cider with Rosie” de Laurie Lee, dont l’action se passe à quelques miles de là, ces petites routes et ces vergers font remonter de belles histoires.

Oliver’s Fine Cider Medium Season 2014.

2014, cela commence à faire beaucoup pour un cidre traditionnel. De fait la pression au débouchage est mesurée alors que l’effet de mousse est bien présent. La couleur orangée est belle, légèrement voilée, avec un mouvement de bulle timide. Au nez il y a un joli fond de pommes mûres d’où se dégage des notes de vieillissement et une légère piqûre. En bouche on a bien cette saveur un peu austère des cidres anglais avec ici un équilibre évolué et un peu d’astringence en finale.

Oliver’s Fine Perry Medium Season 2015.

La contre-étiquette le précise, il faut un tire-bouchon pour ouvrir. Il y a effectivement peu de gaz et peu d’effervescence. Pour autant la couleur est pâle, mais comme souvent sur les poirés en méthode traditionnelle, des “pompouch” (petits voltigeurs) imposent d’être attentif au service en fin de bouteille. Le nez est sans surprise avec une présence sûre de la poire et de petites notes d’épices. Si on peut en regretter la pétillance un mesurée, la bouche est un peu fraîche et équilibrée avec du fruit et une petite oxydation sur la fin.

 

Michael Stöckl dirige l’Apfelwein international, un important rendez-vous Cidricole international à Frankfurt am Main où la tradition du vin de pomme (appelwein) remonte au XVIIIe siècle. Sans sucre ajouté, titrant entre 5 et 7% d’alcool, il est plutôt sec et acidulé. Michael Stöckl était de la dégustation organisée sur les hauteurs du Matterhorn (Cervin) par Gianluca Telloli, où il avait apporté le cidre aux couleurs de l’événement francfortois.

Tango Rose 2015

Un joli vin de pomme avec prise de mousse en bouteille, dégorgement (le 28 02 2017) et liqueur d’accompagnement à base de cassis. Au débouchage, le bruit est agréable ce qui est une bonne entrée en matière. Au service, il y a un bel effet de mousse et dans le verre c’est rosé et limpide avec de beaux mouvements de bulles. Au nez le cassis prend toute la place et masque la pomme. En bouche c’est sec et acidulé avec une pétillance bien présente. Même si la pomme y est peu ressentie, l’ensemble est parfaitement maîtrisé, homogène et bien dosé.

 

Nicolas Poirier est l’actuel President de la MCB (Maison Cidricole de Bretagne). Sa première activité est la distillation, art devenu rare en Bretagne, mais il élabore également des cidres, parfois atypique comme celui élaboré avec la seule pomme Coco-d’Issé.

Cidre Artisanal Héritage

Petite pression au débouchage, mais bel effet de mousse au service. La couleur est d’un bel orangé bien limpide avec un mouvement de bulle assez léger. Le nez est discret et minéral sur un fond de fruits moyennement exprimé. En bouche c’est sec et minéral avec une franche dualité acidité amertume qui manque cependant de fondu. La fin de bouche est un peu astringente comme attendu. C’est bien un cidre pour la table de bord de mer.

 

 

Michel Deslandes est agriculteur bio depuis de nombreuses années près de Limoges où il exploite un troupeau de vaches laitières et un vergers d’une dizaine d’hectares planté de variétés locales comme la Paradis, la Sainte-Germaine (ou Pomme de l’Estre) et la Vernajoux. À noter que le Limousin est un ancien territoire du cidre, du fait de ses sols et de sa météo, ou la culture de la pomme est très présente.

Cidre du Limousin Sec.

Peu de pression au débouchage et l’effet de mousse au service est moyen. La couleur jaune paille est animée d’un joli mouvement de fines bulles. Le nez est très frais, floral avec des notes d’agrumes assez intenses. En bouche c’est sec, acidulé et sans beaucoup de structure. C’est un cidre frais et léger où toutefois la pomme marque peu sa présence.

 

 

 

Remerciement à Marie Wattebled pour la photo de Jack o’ Lantern, à Ronan et Erwan du Sistrot pour leur hospitalité, à Claude de Menez Brug, Nicolas de Rozavern, Brieug et marine de Kermao et à leurs amis de passage, ainsi qu’à l’équipe de FR3 qui a égayé cette dégustation.

10. novembre 2017 par mark
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