Billet d’humeur

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Tra ma vo bleizi ‘ba c’hoadoù (darn) ©markgleonec2104

Voici donc la République inventant une ridicule histoire de grand-ouest, qui fait penser au Far-west dont personne ne connait les limites et qui n’est de toute façon pas un territoire de modernité et de respect de la loi. Par contre, tout le monde sait où se trouve la Californie dont l’image fait fantasmer les geeks, surfers, cinéphiles, musiciens et créateurs de start-up. À l’instar du territoire des cow-boy et des indiens, grand-ouest ne sera évidemment pas repérable et détruira beaucoup des dynamiques à l’œuvre en Bretagne où l’on sait depuis des siècles que le label breton fait vendre partout dans le monde.

S’il est clair qu’un label grand-ouest n’a aucune chance d’être efficace*, il risque au contraire de ruiner bien des choses, entre autres les 20 ans de travail collectif des 300 entreprises (dont un certain nombre en Loire-Atlantique) et leur 100 000 salariés du label Produit en Bretagne. Or si ce label fonctionne, c’est parce qu’il est cohérent avec son territoire et qu’il repose sur des bases saines, construites à force de travail, nourries par une culture authentique et promues par des règles simples (dont au premier chef la confiance), trois clés de la réussite d’un collectif. Part importante de ce collectif, la Loire Atlantique est évidemment un pays breton, par l’histoire et la culture certes, mais surtout par sa place dans l’économie bretonne qui fonctionne sur les cinq départements, même si la partition actuelle complexifie inutilement les choses.

Sans être très versé en politique on comprend que de casser une dynamique qui marche afin de la remplacer par un système boiteux, au mépris des forces laborieuses, est une initiative qui cache des objectifs inavoués. Il est pour le moins incroyables d’entendre des apparatchiks inféodés à un centralisme égocentrique, prôner un grand-ouest honni de la majorité des citoyens, en Bretagne comme en Val de Loire, tout en prétendant dans le même temps servir les intérêts de ces pays. Il semble que le fondamentalisme jacobin aime à s’appuyer sur des renégats et perpétue sa longue tradition de mépris pour les populations. N’importe qui, doté d’un peu de bon sens, convient que les gens qui font vivre les territoires (qui souvent sillonnent le monde afin de trouver des clients et voient ce qui réussit ailleurs) sont les mieux placés pour en parler.

Le seul indicateur qui vaille de la qualité d’une gouvernance est le bonheur des populations, qui est lié à la prospérité, mais également au sentiment d’être entendu. Ce devrait être la priorité, mais il faut malheureusement se résoudre a admettre que la préoccupation du pouvoir central est la sauvegarde de ses propres privilèges, dont les élections récentes ont montré la fragilité. Cette affaire en tout cas, avec d’autres, amènent à s’interroger sur la probité des gens en place, sur leur sens du respect des populations et de la démocratie. Elle fait craindre des lendemains difficiles alors même que la France a tout a gagner d’une Bretagne, dans ses frontières naturelles, belle, prospère, solidaire et ouverte sur le monde.

* La Bretagne n’est pas à l’ouest, mais bien au centre de l’Europe maritime.

 

01. juin 2014 par mark
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