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La dégustation du cidre
Le
cidre se déguste
comme toutes les boissons que l’homme a inventées,
à l’œil il faut juger sa présentation,
au nez il faut traquer les mille fragrances de sa nature
en bouche, où doit s’exprimer une boisson,
il faut en apprécier la force et l'équilibre des saveurs.
L‘œil : Couleur et
effervescence
La couleur du cidre, généralement dorée, va du
jaune paille à l’orange foncé, dépend de son
assemblage de variétés et des conditions de fermentation
et d'élaboration. Sa limpidité dépend de la
qualité et du degré de maturité des pommes.
L’effervescence est un élément caractéristique du
cidre. Si elle est indispensable à l’image que l’on se fait du
produit, ce n’était pas le cas du temps où la
consommation se faisait à la barrique. Aujourd’hui on cherche
une effervescence mesurée caractérisée par un
effet de mousse généreux au moment du service et des
bulles fines, peu nombreuses, mais tenaces.
Le nez : Arômes de
fruits et du verger
Les arômes d’un cidre sont constitués d’un mélange
complexe moins intense que celui d'un fruit ou d'une fleur et il faut
aller le chercher dans le verre pour les distinguer et les
reconnaître.
La première impression résume les sensations produites
par les parfums peu après le service et doit être
engageante avec des parfums de fruits, de fleurs et d'épices.
Cette complexité aromatique est essentielle à la
qualité d’un cidre de caractère, avec des arômes
expressifs dont on perçoit nettement toute la
variété.
Les arômes les plus
présents dans le cidre sont ceux du verger rappellant les
fleurs des champs et des jardins, les arômes fruités,
rappellant la pomme, la poire la pêche, l’abricot ou le
pamplemousse. Ils constituent le fruité d’un cidre. Les
arômes épicés rappelant le cuir, la sueur et les
épices sont caractéristiques des cidres de
caractère dont ils renforcent la complexité aromatique.
Certains cidres présentent des arômes d’herbes, rappelant
les prés, les champs et les sous-bois.
La bouche :
Équilibre des forces et des saveurs
Le
goût d'un cidre est un équilibre de saveurs
sucrées, amères et acidulées où les
arômes et le sucre apporte la douceur, où l’alcool
intensifie l'acidité et l'amertume.
L'attaque,
impression spontanée, indique la saveur initiale. En bouche, le
prolongement des sensations olfactives se combine à l’alcool et
aux saveurs pour créer une sensation au palais tandis que
l'effervescence produit une pétillance rafraîchissante.
La fin de bouche, entre caractère et persistance construit le
souvenir d'une dégustation.
L‘impression
générale
L'impression générale évalue
l'homogénéité du cidre en le replaçant dans
sa catégorie (doux, demi-sec, brut, cidre de terroir, etc) et
son usage (apéritif, repas, dessert, etc).
Les accords plats cidres
Jusqu'au XVIIIe siècle, lors d’un banquet, on n’associait pas
spécifiquement de boisson avec un plat car il y avait trop de
plats servis en même temps. Depuis que les plats sont moins
nombreux, il est beaucoup plus facile de s’y essayer.
Certains mariages tombent sous le sens et il est naturel d’accompagner
des mets délicats d’une boisson aux arômes subtils et les
plats solides d'un breuvage robuste. L'accord des mets et des cidres
est donc possible et il suffit de respecter une règle simple
pour mériter l'admiration de ses convives.
Cette règle fondamentale est qu’au cours du repas, il ne faut
jamais faire regretter la bouteille précédente et
toujours s’élever dans la qualité. Cela préserve
les papilles qui ne sauraient apprécier les finesses si elles
étaient agressées rudement dès le début.
On s’attachera donc à commencer par un cidre frais et
léger pour finir par un cru rond et moelleux. Cela
n’empêche cependant pas de laisser libre cours à son
imagination et de surprendre avec de vrais grands cidres dont il faut
garder à l’esprit qu’ils se suffisent très bien à
eux-mêmes.
Si l’accord est idéal, le cidre et le plat se mettent en valeur
mutuellement et leur association vaut alors mieux que chacun pris
isolément. Pour ’y parvenir il faut que la puissance de l’un et
l’autre s’accorde et qu’ils aient une vraie
complémentarité gustative.
Il faut se souvenir que les cidres de tradition évoluent
rapidement les premiers mois. S’ils sont fruités en début
de saison, ils présenteront des arômes matures dès
septembre, mais évolueront lentement par la suite.
De façon classique, les cidres secs, frais, vifs et nerveux,
accompagnent les fruits de mer et les poissons frits, tandis que les
cidres acidulés fruités et souples se marient avec les
poissons et les crustacés en sauce, les viandes blanches et les
volailles. Les cidres doux n’ont pas cette polyvalence et leur registre
plus étroit va du fromage, s’ils ne sont pas trop tanniques, et
aux desserts.
Les cidres tanniques, opulents et riches, comme l’AOC Cornouaille,
trouveront à s’accorder avec des plats élaborés et
des viandes, mais il est des mets qui supportent mal le tanin, comme
les crustacés et les coquillages. Les cidres fermiers puissants
et amers iront naturellement avec les charcuteries bretonnes et les
plats campagnards.
L'apéritif
Moment convivialité s’il en est, l’apéritif réunit
des amis ou des membres d’une même famille juste avant le repas.
Son incidence sur celui-ci est importante car il permet aux papilles
d’entrer en action. Il se doit donc d’être léger, son but
étant d’amener les convives à apprécier comme il
se doit le repas qui suit.
On privilégiera donc un cidre sec fin et élégant.
La palette des cidres bretons, propose des cidres clairs et
délicats, doucement acidulés et frais comme le Guillevic
et qui conviennent bien au cocktail et à l’apéritif. Rien
n’interdit cependant d’y proposer un bon cidre d’un terroir
cornouaillais suffisamment charmeur et assez léger pour
permettre d’appeler des bouteilles plus puissantes et donner sa
cohérence au déroulement du repas
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