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Quelques variétés de Pommes à cidre des vallées de l'Aven et Laïta
Les informations ci-dessous sont extraites de conversations avec des cidriers traditionnels.

Stang-ruz

Variété douce-amère originaire de Kerdudou en Locunolé. Attestée depuis longtemps dans ce secteur, elle jouit d’une excellente réputation pour sa rusticité, sa fertilité et la vigueur de son arbre. Stang-ruz signifie littéralement serré vigoureusement, de stank (vallée resserrée, barrage, bouchon) et ruz (rouge et énergique). C’est l’aspect caractéristique de l’arbre qui a donné son nom à la variété. À la fin de l’été en effet, cet arbre apparaît de loin avec un de feuillage dru et compact et des grappes denses de fruits.

Cet aspect est à rapprocher de celui d'une variété fouenantaise confinée au secteur de Mousterlin, la c’huero-ruz-botell-stank dont le nom signifie amer vigoureux serré tel une botte de foin. La similitude est moins marquée quand à la saveur du fruit, mais il est probable que ces deux variétés aient la même origine. La tradition des vallées de l’Aven et de la Laïta, rapporte qu’un bon cidre doit assembler des stang-ruz, des bakon-brizh, des kroc’hen-ki, des brank-kamm, des dous-e-veg-brizh et des brizh-kannig. Il est cependant probable qu’une telle abondance n’est pas réalisable chaque année.

Brank-kamm

Variété douce-amère au jus coloré et sucré. Originaire de Locunolé elle fait partie des variétés de base du secteur. Elle est réputée car elle se conserve bien et donne de la couleur au cidre. Brank-kamm signifie branche courbée de brank (branche et bois de cerf) et kamm (courbe, tordu et boiteux). Brank se prononce la plupart du temps Branch et le nom usuel de la variété est Branch-kamm. Son nom vient de la forme plate du pédoncule qui est en général courbe.

Brizh-kannig

Variété acidulée et sucrée originaire d’Arzano ou elle est avérée de longue date. Son jus moyennement coloré et son acidité sont appréciés pour l’équilibre des cidres, mais elle ne se conserve pas bien. L’arbre est résistant aux maladies et produit régulièrement tous les ans. Brizh-kannig signifie littéralement vaguement un peu éclatant de brizh (tacheté et vaguement) et kann (éclatant) altéré par le diminutif ig. Ce nom qualifie précisément son aspect car la peau de la Brizh-kannig est couverte d’une sorte de cire et brille naturellement.

Dous-e-veg-brizh

Variété douce-amère originaire d’Arzano, c’est une chair tendre pénalisée par sa sensibilité à la tavelure. Elle est réputée faire un bon cidre légèrement amer. Les cidriers l’apprécient car elle mûrit bien et leur laisse le temps de la travailler sans précipitation. Elle a été étudiée à la fin du XIXe et son nom mal compris est devenu Douce Evêque Bris, nom qui lui est généralement resté. En réalité Dous-e-veg-brizh signifie vaguement doux en bouche de dous (doux), e (dans), beg (bouche) et brizh (tacheté et vaguement). Ce nom colle parfaitement à la saveur de la pomme.

Fouenant-gwenn

Variété douce et acidulée, originaire du Penker en Arzano. Son jus coloré est fruité, frais et agréable à déguster. Elle jouit d’une bonne réputation à Arzano où elle était jusqu’à une période récente, régulièrement utilisée dans les assemblages pour sa fraîcheur. Fouenant-gwenn signifie blanche de Fouenant de Fouenant et gwenn (blanc). Elle a été introduite dans le secteur pendant la seconde guerre mondiale, par un lorientais venu se réfugier en campagne et aurait été appelée ainsi en raison de la réputation du cidre de Fouenant. À noter cependant que le fruit ressemble beaucoup à la Beleien de Fouenant.

Gilvig-Lokoal

Variété acidulée originaire de Locoal-Mendon, elle n’est pas dans la typicité Guillevic car son jus est foncé et son acidité très marquée. Gilvig-Lokoal signifie le guillemot de Locoal Mendon de gilvig (macareux ou guillemot), et Lokoal (le village de Locoal Mendon).

Lok signifie lieu consacré, ici à Sant Koal qui est un Saint de l’époque des migrations bretonnes vers l’Armorique. Né en 590 au Pays de Galles, il étudie à Lancarvan auprès de Saint Brendan. Devenu évêque d’Aleth (près de Saint Malo) en 627, il abandonne sa charge pour créer plusieurs ermitages dont un sur l’île de Plecit, sur la rivière d’Étel, qui deviendra Île de Koal puis Lokoal. Il meurt en 640 en forêt de Camors.

Lost-Kamm

Variété précoce malgré une floraison très tardive. Douce et plutôt sucrée, elle est originaire de Saint-Pierre en Rédéné. Elle fleurit très tard ce qui lui permet de passer sans encombre les gelées, mais elle est très hâtive et n’est utilisée que pour faire des cidres de fin d’été. Lost-kamm signifie littéralement queue tordue de lost (queue) et kamm (courbe, tordu et boiteux). Ce nom n’a pas grand-chose à voir avec la pomme, et il faut plutôt comprendre coup tordu. En effet, la Lost-kamm fleurit tard et mûrit tôt, ce qui est à priori intéressant, mais elle est trop précoce pour cela. Lost-kamm traduit une certaine méfiance vis-à-vis de cette variété.

Elle est sensible à la vitrescence, mal qui affecte également la c’huero-bleiz de Fouesnant. Le fruit devient translucide, un défaut dû à une mauvaise assimilation du calcium qui affecte les jeunes plants et qui le rend impropre à toute utilisation. Les anciens attribuaient cette maladie à l’action de la lune et disaient alors que pommes étaient “loariet” (lunées).

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