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Bro
Gernev (Pays
de Cornouaille)
Terre des Rois, la
Cornouaille a donné à la Bretagne une dynastie royale qui
dialogua d'égal à égal avec les princes Francs,
dès l'époque carolingienne. Elle occupe une place
prépondérante dans l'histoire de l'Armorique celtique
jusqu'au début du XIIe et l'assassinat d'Arthur, le dernier
héritier cornouaillais au trône breton.
La
Cornouaille apparaît au moment où les migrations celtiques
façonnent la Bretagne armoricaine. L'effondrement de l'empire
romain et son cortège de guerres, disettes et ruines provoque
d’importants déplacements de populations dont celui des
"Cornovii", originaires du sud du Pays de Galles, qui s’installent dans
le sud-ouest de l’Armorique.
Ils colonisent une région qui s’étend de la pointe du Raz
et la presqu'île de Crozon, jusqu'à l'Ellé à
l'est et l'Élorn au nord et qui ne subira avec le temps que de
légères variations. Parmi ses premiers rois figure le
légendaire Roue Grallon.
Au
Moyen Âge les comtes de Cornouaille sont les instigateurs de
l'unité de la Bretagne. Alain Canhiart fait du comté de
Cornouaille le plus puissant des fiefs de Bretagne et son fils Hoel,
Duc de Bretagne, devient maître des comtés de Cornouaille,
Vannes, Nantes et Rennes, seul le nord-ouest du pays échappe
à son autorité.
Au XIIIe siècle, la Cornouaille perd son autonomie et devient
une circonscription relevant de l'autorité du Duc de Bretagne.
Les grands défrichements s'y réalisent avec la mise en
valeur des terres, le développement du commerce et, comme
partout en Europe, l'amélioration des conditions de vie.
Marquée
par une position géographique au carrefour des routes maritimes
du nord et du sud de l'Europe et par une forte identité
celtique, l'histoire de la Cornouaille se confond avec celle de la
Bretagne qui connaît au XIVe siècle un formidable essor
économique et culturel. Après l'union de la Bretagne et
de la France en 1532, la Cornouaille devient l'un des neuf
diocèses du duché.
Ces circonscriptions, à la fois administratives, fiscales et
ecclésiastiques, vont exister jusqu'à la période
révolutionnaire dans une autonomie relative due autant à
l'éloignement qu'aux termes de l'accord entre la France et la
Bretagne.
À
la veille de la Révolution française, la Bretagne est un
pays quasi autonome, les idées révolutionnaires y sont
très implantées et la volonté
indépendantiste très forte. Les représentants de
la Bretagne sont très actifs pendant la révolution.
La nuit du 4 Août 1789, dans une Assemblée Nationale
présidée par le Député rennais Isaac Le
Chapelier, c'est le Député de Landivisiau Guy Le Guen qui
propose la suppression des privilèges de la noblesse, mais les
jacobins en s’emparant du pouvoir, démantèlent l'ancienne
organisation du Royaume et activent le processus de
réorganisation administrative de la France.
En janvier 1790, la Cornouaille, circonscription administrative et
fiscale, n'existe plus et la majeure partie de son territoire est
intégrée au département du Finistère.
Pour
autant, deux siècles plus tard, les cornouaillais ne sont
toujours pas finistériens et leurs rivalités incessantes
avec leurs voisins léonards, au nord, pimentent la vie du
département. La Cornouaille moderne est aujourd'hui
l'appellation courante du Sud Finistère avec une aire
géographique variable selon qu'il s'agit de la vie
économique, touristique ou culturelle.
La Cornouaille est devenue un espace d'entreprises, de tradition et de
culture, à la fois gardienne de l'héritage celtique des
bretons continentaux et poste avancé d'une Bretagne aussi
impliquée dans la marche de l'Europe que jalouse de sa
différence.
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